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jeudi 29 avril 2021

La lumière était si parfaite (Carène Ponte)





Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Fleuve (15 avril 2021
288 pages
ISBN-10: 2265155292 
ISBN-13: 978-2265155299 
Genre: Contemporain
Lu le: 11 Avril 2021
Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Comment sa vie a-t-elle pu lui échapper à ce point?? Devenue mère au foyer à la naissance de ses enfants, Megg fait face aujourd’hui à une ado en crise qu’elle ne reconnaît plus. Son mari ne se préoccupe guère des tâches quotidiennes. Et puis il y a eu le coup de grâce, cette saleté d’infarctus qui a fauché sa mère avant l’heure. Tandis qu’elle se résout à vider la maison de son enfance, Megg déniche une pellicule photo qui l’intrigue, et décide de la faire développer. Rien ne pouvait la préparer à la série de clichés qu’elle découvre alors… Une révélation qui bouleversera sa vie. Partie sur les traces d’un passé maternel dont elle ignore tout, Megg ne se doute pas que c’est son avenir qu’elle est en train de reprendre en main. 

Mon avis:

        En ce mois d'avril, j'ai eu la chance d'intégrer le club de lecture des éditions Fleuve et le nouveau livre de Carène Ponte "La lumière était si parfaite" était la lecture mensuelle, l'autrice ayant récemment changé de maison d'édition. C'est toujours un plaisir de retrouver un livre de Carène Ponte, puisque l'on sait que l'on passera un très bon moment de lecture, frais et fun, drôle et émouvant. Ce neuvième opus ne déroge pas à la règle et personnellement, je trouve qu'il confirme la ligne directionnelle prise par l'autrice depuis "et ton cœur qui bat" à savoir, s'éloigner un peu de la comédie et s'approcher davantage de sujets beaucoup plus sérieux et profonds.

Merci les éditions Fleuve pour l'envoi de ce livre! 

Points de vue/Critiques:

        Pour ce nouveau roman, Carène Ponte nous emporte gentiment dans une nouvelle histoire que l'on prend plaisir à effeuiller, qui est sans prétention et qui remplit parfaitement son rôle de nous divertir et nous faire passer un bon moment de lecture. Alors oui, de temps en temps on peut retrouver quelques clichés ou des facilités..., mais ça passe largement, on reste dans le feel-good très plaisant.

      On retrouve Megg, qui a non seulement beaucoup de mal à se remettre du décès de sa mère, ais qui se retrouve en plus engluer dans sa vie familiale: elle n'a pas d'emploi et s'occupe quotidiennement de la maison et des enfants, a donc très peu de contacts sociaux, est démotivée et a perdu le goût pour sa passion qu'est la photo, son mari travaille beaucoup et fait remuer la marmite à la maison c'est pourquoi il semble naturel pour lui de prendre sa femme pour une domestique de maison, et elle doit gérer son adolescente de 16 ans... Megg se retrouve donc au bord du gouffre et sa détresse et son désarroi, totalement justifiés et compréhensibles, en font un personnage touchant et non pas quelqu'un qui va s'apitoyer sur son sort tout en pleurant continuellement. Heureusement, cette morose ambiance est contrebalancé par la pétillante amie et voisine Romy. Cette dernière apporte un vent d'air frais, jovial, gai et drôle indéniable tout le long de l'histoire. C'est un personnage secondaire et pourtant, elle marque le récit de son empreinte. J'ai beaucoup aimé Lalie, la fille de Megg, car je trouve qu'elle reflète parfaitement l'adolescente de 16 ans, sans exagération, entre tourments, repli sur soi et épanouissement. J'ai beaucoup aimé suivre ses travers et son évolution. 

        Par le biais d'une photo retrouvée (et grâce à l'exubérance de Romy), Megg va mettre le pied à l'étrier dans sa vie, en commençant par faire un road-trip jusqu'en Bulgarie. Si ce voyage est long sur le papier, il est finalement passé assez rapidement dans le récit et ne constitue pas véritablement le cœur de l'intrigue. On pourrait s'y attendre et ainsi être frustré (c'est vrai que s'y attardait ne m'aurait pas déplu), mais le temps de ce road-trip est suffisant pour avoir l'impression de voyager, découvrir de nouveaux pays, cultures et gastronomies. L'autrice a eu la très bonne idée de faire ce dépaysement bénéfique à son personnage principal mais aussi et sûrement bénéfique pour le lecteur qui a envie d'horizons nouveaux. 

        Entre la personnalité de Megg et celle de Lalie, l'autrice a accentué et développé l'aspect psychologique de ces personnages. Cela montre d'ailleurs que tout le roman est construit sur une base beaucoup plus sérieuse et profonde qu'elle avait pu donné auparavant dans ses autres romans. Ainsi, en abordant le thème de la charge mentale, elle-même confirme que depuis ses quelques derniers opus, on s'éloigne de la comédie pure de ses débuts. J'ai vraiment ressenti cette profondeur durant toute ma lecture, renforcée par un détail: on retrouve de moins en moins de notes d'humour (même si on en a quelque fois), notamment ces notes de bas de pages à l'adresse du lecteur. De plus, la maturité du scénario fait écho à la plume de Carène Ponte que j'ai trouvé vraiment beaucoup plus travaillé pour cette histoire. 

En bref:

        Pour ce neuvième opus, Carène Ponte nous embarque pour nous offrir un road-trip dépaysant et délectable à souhait avec ses personnages. Entre Megg qui se retrouve au bord du gouffre et qui fait d'elle quelqu'un d'attachant, Lalie, sa fille de 16 ans qui dépeint parfaitement l'adolescence et Romy l'excentrique voisine, fraîche et drôle, il y a de quoi s'attacher aux personnages. Mais sous ses notes de feel-good cette histoire révèle plus de sérieux et de profondeur qu'il n'y paraît en abordant notamment le thème de la charge mentale et en posant la question de l'épanouissement en tant que femme, épouse, mère et fille pour quelqu'un qui doit concilier tous ces rôles. Ce roman confirme ainsi la ligne directionnelle prise par l'autrice depuis quelques romans maintenant, à savoir, s'éloigner un peu de la comédie et s'approcher davantage de sujets beaucoup plus réfléchis. Entre photo, gastronomie et voyage, le bon divertissement feel-good est assuré!

mercredi 28 avril 2021

La sentinelle du petit peuple



TOME 1: LA POMMADE DE FEE

Scénario: Carbone et Véronique Barrau
Illustrations: Charline Forns
Nationalité des auteurs: Française 
Editions Dupuis (2 Avril 2021
56 pages
ISBN-13: 979-1034738144
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 11 Avril 2021
Ma note: 15/20 


Résumé/4ème de couverture:

Il est temps pour Adélaïde, loin de chez elle, immobilisée en maison de repos, de léguer à sa petite-fille son plus grand secret. Elle est la sentinelle du Petit Peuple, la protectrice des êtres féeriques qui sont les garants de l'équilibre de notre Terre. Elle lui transmet la recette de la pommade de fée : à son tour, Élina pourra voir ce monde merveilleux et découvrir sa nouvelle mission. Car l'heure est grave. Au lac, l'ondine a disparu et le Petit Peuple a besoin de son aide. Pour protéger les humains et les êtres féeriques, en poursuivant son apprentissage auprès de sa grand-mère, Élina devra aussi dissimuler à sa mère ses nouveaux pouvoirs...

Mon avis:

        J'avais hâte de découvrir cette nouvelle série et retrouver une histoire de Carbone (connue pour les séries "Dans les yeux de Lya" et "La boîte à musique"). L'atout majeur qui résulte de ce premier tome c'est l'univers dans lequel on plonge, associé à un tout aussi joli univers graphique. En effet, ce monde du petit peuple offre un univers féerique très riche où l'on prend plaisir à découvrir chacune des petites créatures fantastiques. Entre les fées, les sirènes ou encore les arbres magiques, c'est vraiment tout un monde parallèle que l'on découvre. Et comme les illustrations sont très belles et colorées, le ravissement est décuplé. En revanche, il faut noter que côté scénario, il n'y a rien d'original. L'histoire est vraiment très classique et se limite même à du strictement déjà vu. Les personnages sont attachants et on est curieux de connaître de nouvelles créatures lors de prochains voyage dans ce monde féerique. C'est donc une très agréable lecture tout particulièrement adaptée aux enfants. 

Merci aux éditions Dupuis pour cet envoi! 

mardi 27 avril 2021

Indéterminés (Samantha Bailly)




Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Le Livre de Poche (6 Mars 2019
432 pages
ISBN-10: 2253100692 
ISBN-13: 978-2253100690 
Genre: Contemporain
Lu le: 9 Avril 2021
Ma note: 15/20 




Résumé/4ème de couverture:

En cinq ans, Ophélie a gravi les échelons de Pyxis, entreprise pilier du marché du divertissement : la stagiaire s'est muée en Parisienne sophistiquée et a été nommée directrice de la Communication. Alors quelle est enfin parvenue à la place tant convoitée, Pyxis est rachetée par un géant de l'industrie du jeu vidéo. Changements de stratégie, licenciements à la chaîne... Ophélie se retrouve en pleine tempête professionnelle. Quand Arthur Mareuil, ancien stagiaire qu'elle a bien connu, rejoint l'équipe de Pyxis, réveillant des souvenirs enfouis, la tempête gagne soudain sa vie personnelle. Que reste-t-il de la jeune fille qu'elle a été ?

Mon avis:

            Il me tardait d'enfin terminer cette série, mais faute de réussir à trouver ce troisième et dernier tome, ce a pris plus de temps de prévu, indépendamment de ma volonté. Avec "Indéterminés" on clôture très bien et avec logique le parcours professionnel de Ophélie avec ce moment où elle semble à l'abri des soucis de ce côté-ci, mais l'autrice nous montre que rien n'est vraiment acquis à vie. On retrouve également quelques thèmes intéressants, beaucoup plus profonds comparé à la légèreté du début de la série. Dommage cependant que cette histoire est centrée sur Ophélie, j'aurai aimé voir davantage tous les autres personnages des "stagiaires". 

Points de vue/Critiques:

        Si avec le premier volume "Les stagiaires" on plongeait dans le monde professionnel en bas de l'échelle, c'est-à-dire en tant que stagiaire, le second volume "Indéterminés" franchissait une barre sur l'échelle professionnelle avec le statut de CDD. Ce troisième et dernier volume poursuit donc logiquement cette ascension pour arriver au statut de CDI. On retrouve donc Ophélie, pleinement adulte dans sa vie puisqu'elle a su gravir les échelons très rapidement, en cinq ans pour se retrouver directrice du service Communication de chez Pyxis. Si cette situation est stable et sécurisante sur le papier, on se demande de quoi sera constituer cette histoire. Mais c'était sans compter sur deux éléments qui vont bouleverser le quotidien (personnel et professionnel) d'Ophélie: le retour d'Arthur dans la société et les restructurations de l'entreprise. Avec, avec ce récit, Samantha Bailly montre parfaitement que rien n'est définitivement acquis lorsque le CDI est signé. 

        En parallèle de l'histoire entre Arthur et Ophélie, on va aborder de nombreuses thématiques, bien plus profondes et sérieuses que les interrogations et l'apparente légèreté du début de la série. On sent ainsi parfaitement le caractère engagé de l'autrice. Ainsi, restructuration d'une entreprise où les bénéfices et les chiffres sont plus importants que la dimension humaine, le harcèlement sexuel au travail ou encore la notion du viol se retrouveront dans le récit. Ces sujets abordés sont vraiment prépondérants par rapport à l'aspect personnel et amoureux d'Ophélie et j'ai aimé ce déséquilibre en la faveur du sérieux, bien plus propice et logique pour clôturer une série qui retrace les différentes étapes du parcours professionnel. 

            Le récit de ce dernier tome est très axé sur la vie d'Ophélie (mais aussi indirectement sur celle d'Arthur). S'il est vrai que c'est avec la jeune femme que l'on a commencé la série et que l'on suit les étapes professionnelles, tous les autres personnages des stagiaires m'ont beaucoup manqué. Je pense qu'en apprendre davantage sur eux, sur ce qu'ils sont devenus et pas seulement les quelques rares mentions qui leur sont faites, aurait été la bienvenue. Qu'elle soit totalement différente ou similaire à celle d'Ophélie, leur ascension sociale aurait été tout aussi intéressante à découvrir. Ainsi leurs échanges spontanés et leurs retrouvailles manquent cruellement, mais cet aspect reflète aussi d'un coté, parfaitement bien le fait qu'au fil de la vie, les relations amicales et/ou professionnelles ont tendance à naturellement s'étioler...

En bref:

            Avec "Indéterminés", Samantha Bailly vient clôturer parfaitement cette série qui dépeint un aspect de la génération Y et du monde du travail qui leur est associé. La trilogie s'ancre dans la réalité du monde professionnel, qui est analysé et critiqué de façon assez sombre mais réaliste. Ainsi avec Ophélie et tous ces premiers collègues, on gravit les échelons en commençant par le statut de stagiaire, puis le statut de CDD pour enfin obtenir le saint graal du CDI. Mais l'autrice montre que même arriver à ce dernier échelon, rien n'est définitivement acquis... C'est pourquoi dans ce récit, on va retrouver de nombreuses thématiques qui amènent de véritables réflexions sociétales et qui sont bien plus profondes que la légèreté apparente du début de la série. Ces aspects montrent non seulement une logique dans le parcours professionnel, mais aussi le caractère engagé de l'autrice. Dommage que l'on ne retrouve pas davantage tous les autres personnages des stagiaires mais les relations qui s'étiolent au fil de son parcours sont aussi quelque chose de réaliste.

Autour du livre:

lundi 26 avril 2021

Mamma Maria (Serena Giuliano)




Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Pocket (18 Mars 2021
numéro 18073
228 pages
ISBN-10: 226631288X 
ISBN-13: 978-2266312882 
Genre: Contemporain
Lu le: 7 Avril 2021
Ma note: 14/20 



Résumé/4ème de couverture:

Sous le coup d'une déception amoureuse, Sofia a quitté Paris pour son petit village natal de la côte amalfitaine. Là, la jeune traductrice respire enfin. Attablée à sa place habituelle, sur la terrasse du Mamma Maria, le bonheur est simple comme un espresso au soleil ou une chanson d'Adriano Celentano... Ce caffè, c'est le cœur du village, le rendez-vous des jeunes, des vieux, dans le généreux giron de la patronne, Maria, leur mère à tous. Or ce matin-là, pour la première fois depuis des lustres, il s'est glissé comme une fausse note dans la partition. Le vieux Franco ne s'est pas présenté pour son éternelle partie de scopa... La fin de la dolce vita ?  

Mon avis:

        J'avais hâte de voir la sortie poche de "Mamma Maria" pour enfin découvrir le deuxième livre de Serena Giuliano, avec son premier roman qui avait été une très jolie surprise. D'autant plus que je ne voyais que de très bons avis sur ce livre! Mais malheureusement, "Mamma Maria" fera parti de ces livres très appréciés par bon nombre de personnes mais pour pour moi. En effet, même si j'ai plutôt bien aimé l'histoire de fond et que j'ai adoré voyagé en Italie, où il est vrai le dépaysement est total, j'ai trouvé l'histoire cousue de fils blancs, pas réaliste et qui vous fait lever les yeux au ciel tellement certaines choses sont kitchs et prévisibles

Points de vue/Critiques:

            Commençons par les points positifs de ce livre, car après tout ils vont venus en premier au cours de ma lecture. La trame de l'histoire est plutôt bonne et fait passer un vrai bon moment: une jeune femme repart dans son village natal pour se ressourcer et se retrouver et l'on sent bien les valeurs importantes véhiculées comme l'attachement à ses racines et le charme des petits villages, où qu'ils se situent, où tout le monde se connaît et où entraide, solidarité, partage font partis de la vie courante. Et le meilleur de tout cela, c'est le fait que l'on parte littéralement en voyage en Italie. Car l'immersion est totale. Entre les phrases en langue originale et les mets culinaires italiens (nourriture et boissons) qui ponctuent régulièrement le récit, on a vraiment l'impression d'y être au point de presque sentir le soleil caresser la peau. Tout ceci fait en sorte que l'histoire se dévore très rapidement, car l'autrice s'abstient de prendre du temps pour décrire longuement des choses ou pour planter un certain décor. Le minimum est assuré et l'on privilégie l'action ce qui donne un récit très dynamique. 

            Mais progressivement, au fil de ma lecture, des petites choses sont venues tels des petits grains de sable se prenant dans les rouages. En effet, certaines situations apparaissent peu réalistes comme les petits soucis et problèmes du quotidien qui se dénouent avec beaucoup trop de facilités. On retrouve par exemple le fait d'obtenir des papiers et permis de séjour très rapidement et sans aucun problème en remplissant un simple formulaire ou encore le fait qu'un simple petit discours aux bords moralisateurs est suffisant pour que les habitants du village majoritairement racistes ne le soient plus du tout le lendemain et deviennent accueillants et chaleureux... C'est donc un peu le monde des bisounours! De plus, avec le personnage de Maria surtout, on est dans l'exagération et dans l'illogisme. En effet, elle n'est certes jamais sortie de son village mais ce n'est pas pour autant qu'elle n'a pas connaissance du monde extérieur. Ainsi la voir voyager avec sa panoplie de draps et d'ustensiles ménagers et de cuisine n'est finalement pas drôle surtout quand elle s'étonne que ces bocaux, conserves et autres flacons ne passent pas à l'aéroport...  Maria nous dit qu'elle aime suivre certaines choses à la télévision, donc si elle a ce moyen de communication au fond de son village, cela veut dire qu'elle est connectée au monde et qu'elle n'habite pas sur une autre planète! C'est typiquement le genre de choses qui revient souvent dans le récit et qui finit par m'énerver plutôt que me faire sourire. L'exagération continuelle de Maria fait aussi en sorte que l'on n'est finalement pas surprise lorsque l'on en apprend un peu plus sur sa vie privée. Et puis vient l'épilogue... qui achève de vous faire encore plus lever les yeux au ciel. Entre les couples formés, les prénoms des enfants et la nouvelle vie du village, tout est cousue de fils blancs et "tout le monde il est beau". Mais le pompon sur le haricot revient aux dernières lignes: je m'était dit et imaginé dans le récit qu'il ne manquerait plus que ça pour faire quelque chose de kitch à souhait et d'absolument pas crédible. Le livre se termine sur ça...

En bref:

           Si j'attendais avec beaucoup d'envie de découvrir cette histoire et si beaucoup de personnes l'ont adoré, je vais aller à contre-sens des avis et je ressors de cette lecture avec des sentiments plutôt négatifs, même si j'ai aimé certaines choses. La trame de l'histoire est plutôt bonne et fait passer un vrai bon moment (le livre se lit d'ailleurs très rapidement car on pris par l'histoire). Et surtout le voyage en Italie est plus que réussi. Entre les boissons, les mets culinaires et les paysages, l'immersion est garantie. Mais des grains de sables ont fait leur apparition au fil de la lecture. En effet, certaines situations apparaissent peu réalistes, des problèmes de déverrouillent avec beaucoup de facilités et le personnage de Maria nous entraine toujours dans l'exagération et dans l'illogisme. Toutes ces choses font que j'ai cru être dans le monde des bisounours où tout est cousu de fils blancs. Et le pompon sur le haricot revient à l'épilogue et aux dernières lignes qui achève de vous faire lever les yeux au ciel...

Autour du livre:

De la même autrice:

° Ciao Bella (<-- chronique à retrouver ici)

dimanche 25 avril 2021

ABC contre Poirot (BD)



Scénario:
Frédéric Brrémaud d’après l’œuvre d’Agatha Christie
Illustrations: Alberto Zanon
Nationalité des auteurs: Française 
Editions Paquet (17 Juin 2020
64 pages
ISBN-10: 2889325253 
ISBN-13: 978-2889325252 
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 11 Avril 2021
Ma note: 15/20 


Résumé/4ème de couverture:

Une course contre la montre est engagée. Poirot a reçu une lettre lui annonçant un meurtre à Andover, et qu'il peut l'empêcher... Hélas, le meurtre est commis. Un second courrier lui anonce un nouveau crime, cette fois à Bexhill. Poirot arrivera-t-il à temps cette fois ? Et pourquoi des crimes dans des villes suivant l'ordre alphabétique ? Est-ce l'oeuvre d'un fou, ou se cache-t-il une autre vérité derrière cette série d'assassinat ? Une fois de plus, Hercule Poirot devra employer toutes ses petites cellules grises pour démasquer le coupable.

Mon avis:

Contrairement aux autres histoires d'Hercule Poirot adaptées en bande-dessinées, celle-ci souffle un vent nouveau par rapport aux autres que j'ai pu lire, puisque l'on sort du registre du huis-clos. On a en effet une diversification des lieux de l'enquête policière qui prend donc les chemins d'une intrigue plus classique dans le genre. Cela tend à rendre l'affaire plus intéressante et à étendre les hypothèses. La résolution semble ainsi moins évidente. Mais je dois avouer que non seulement j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire en ayant l'impression que l'on faisait parfois l'impasse sur certaines informations mais en plus, la résolution m'a paru rapide. Je ressors donc de cette lecture en ayant très peu de souvenirs de cette intrigue. Puisque les éléments sont intéressants, c'est le genre d'histoire que je prendrais plus plaisir à lire sous sa forme de roman. De plus, pour cette adaptation, je n'ai pas été séduite par le style des illustrations.  S'il se prête parfaitement aux décors, pour ce qui est des personnages, cela donne quelque chose d'imprécis qui coupent au cordeau les traits qui paraissent incisifs et pas nets. J'ai eu du mal à reconnaître les personnages au fil des pages et je trouve que l'œil n'est pas forcément attiré et accroché par ce genre de dessins. 

La mystérieuse affaire de Styles (BD)



Scénario:
Jean-François Vivier d’après l’œuvre de Agatha Christie
Illustrations: Romuald Gleyse 
Nationalité des auteurs: Française 
Editions Paquet (5 Août 2020
64 pages
ISBN-10: 2889325571 
ISBN-13: 978-2889325573 
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 10 Avril 2021
Ma note: 16/20 


Résumé/4ème de couverture:

Il règne une drôle d’ambiance à Styles Court, la demeure que John Cavendish partage avec sa mère, Emily, et son frère Lawrence. Madame Cavendish s’est remariée avec l'antipathique Alfred Inglethorp, bien plus jeune qu’elle. Le Capitaine Arthur Hastings, revenu à Londres car blessé lors d’un combat, croise par hasard John Cavendish et celui-ci lui propose de passer sa convalescence à Styles Court. Hélas, le décès soudain d’Emily, empoisonnée, va plonger la demeure dans le drame et le soupçon. Hercule Poirot, ancien inspecteur de police belge, réfugié de guerre, est invité par Hastings à résoudre cette affaire. Une enquête bien compliquée, pleine de surprise, mais qui va construire la légende du plus grand détective du monde.  

Mon avis:

        Cette histoire d'Agatha Christie est un peu particulière car c'est la première qui met en scène le célèbre personnage d'Hercule Poirot avec son ami à ses côtés, Hastings. Pour cette intrigue qui est peut-être moins passionnante que "Dix petits nègres/Ils étaient dix", on retrouve les mêmes ingrédients: un huit-clos, de nombreux personnages et un meurtre diabolique. Ainsi, le format illustré en bande-dessinée permet au lecteur de mieux prêter attention aux détails, ce qui laisse une marge de manœuvre plus facile pour réfléchir et appréhender le meurtrier qu'au format roman. Même si avec Agatha Christie le meurtre est tellement bien ficelée avec tous les détails qui s'emboitent parfaitement que c'est impossible de faire la lumière sur toute l'affaire! Pour cet album, j'ai beaucoup aimé le style des illustrations. Tout en conservant certains traits physiques marquant pour chacun des personnages, l'ensemble tend vers quelque chose d'assez doux, presque jeunesse. 

mercredi 21 avril 2021

La vie est un roman (Guillaume Musso)





Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Le Livre de Poche (18 Mars 2021
352 pages
ISBN-10: 2253237647 
ISBN-13: 978-2253237648
Genre: Contemporain
Lu le: 6 Avril 2021
Ma note: 15/20 



Résumé/4ème de couverture:

"Un jour d'avril, ma fille de trois ans, Carrie, a disparu alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Brooklyn."

Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancières renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n'a aucune explication. La porte et les fenêtres de l'appartement étaient closes, les caméras de ce vieil immeuble new-yorkais ne montrent pas d'intrusion. L'enquête de police n'a rien donné.

Au même moment, de l'autre côté de l'Atlantique, un écrivain au cœur broyé se terre dans une maison délabrée.

Lui seul détient la clé du mystère.

Et Flora va le débusquer.  

Mon avis:

            Le rendez-vous immanquable du printemps, c'est la sortie poche du dernier livre de Guillaume Musso que j'attends avec beaucoup d'impatience. Même si depuis 2017 avec "Un appartement à Paris" je suis de plus en plus déçue et désappointée de voir à quel point ces derniers livres sont très semblables dans leur trame narrative. Et malheureusement "La vie est un roman" ne se différencie pas des précédents. J'ai passé un bon moment, mais j'avoue avoir oublié l'essentiel quelques temps après. Un grand sentiment de lassitude et de déception clôt finalement cette agréable lecture sur le moment.

Points de vue/Critiques:

        Le premier tiers du roman va nous permettre de faire la connaissance de Flora, une écrivaine à succès mais qui souhaite rester dans l'ombre et qui vient de voir sa fille disparaître presque sous ses yeux. Dans cette partie, tout semble aller très vite, ce qui fait que non seulement on se demande de quoi sera composé le reste du livre, mais en plus, cela permet au lecteur de ne pas réussir à vraiment s'attacher au personnage. Et puis, avec la seconde partie, nous faisons la connaissance de Romain, un autre écrivain... Mais sa vie professionnelle et privée m'ont semblait très intéressantes instantanément, car certaines choses étaient mystérieuses. J'étais ainsi ravie de voir que l'on continuait à suivre préférentiellement ce personnage qui se révélait être le vrai personnage principal.

        Concernant l'intrigue, rien de neuf à l'horizon, surtout si l'on a lu ses quatre derniers romans, depuis "Un appartement à Paris". En effet, on retrouve exactement les mêmes clés, thématiques, enjeux et finalement les même trucs qui font que l'on n'est plus surpris à la fin. L'auteur conjugue ainsi les mises en abymes entre romans et écrivains, mais au bout d'un moment c'est très lassant. Je dirais même qu'à la fin, et notamment pour "La vie est un roman", les ficelles sont un peu tirées par les cheveux et je dois avouer que quelques temps après avoir terminé cette lecture, je ne m'en souviens pas vraiment... Il faut aussi noter que contrairement aux autres livres, j'ai moins ressentie cette impression de page-turner et jusqu'à la page 200 c'est parfois un peu long et qu'il ne faut pas hésiter à s'accrocher pour que notre curiosité soit titiller pour commencer à avoir quelques interrogations et fourmillements. Mais avec "La vie est un roman" il ne faut pas oublier également que ce livre sort du registre du thriller psychologique des précédents livres, pour se catégoriser dans le contemporain, ce qui expliquera ce manque d'entrain et de tension permanente. 

            Même avec ces grandes trames déjà connues et lues, j'ai tout de même passé un bon moment durant cette lecture. L'auteur aborde le thème de la parentalité moderne, ce qui est peut-être l'élément novateur que j'ai aimé retrouver.  

En bref:

            Contrairement à quasiment tous ses précédents livres, Guillaume Musso ne m'a pas du tout surprise et désarçonnée avec "La vie est un roman". Même si j'ai passé un agréable moment et que ce fut une bonne lecture, je ressors avec peu de souvenirs de l'intrigue et finalement assez déçue par cette histoire dont les ficelles sont parfois tirées par les cheveux. En effet, depuis 2017 et "Un appartement à Paris", on retrouve chaque année la même sorte d'intrigue avec les mêmes thèmes et les même ficelles, faisant de toutes ses histoires quelque chose de très semblables. L'auteur conjugue ainsi les mises en abymes entre romans et écrivains qui n'étonnent plus et qui finissent même par nous procurer un sentiment de lassitude. Le retour à une classification du roman en contemporain et non plus en thriller psychologique fait aussi en sorte que l'on ne ressent pas une tension constante au fil du récit. Le thème abordé de la parentalité moderne est intéressant mais globalement "au suivant et à la diversification!!".

Déjeuner en paix (Charlotte Gabris)





Nationalité de l’auteur:
 Suisse 
Editions Mon Poche (14 Janvier 2021
200 pages
ISBN-10: 2379130892 
ISBN-13: 978-2379130892 
Genre: Contemporain
Lu le: 4 Mars 2021
Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Paris, une terrasse de café ensoleillée. C’est l’heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue. Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre. Deux femmes qui n’ont a priori rien en commun. Si ce n’est que l’une et l’autre se regardent, se jaugent, se moquent. Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d’assurance et d’aplomb ? se demande la première. Peut-on boire un verre de vin en trinquant… avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde. Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ? Charlotte Gabris s’amuse ici de la rivalité féminine avec malice. Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ? 

Mon avis:

            Le peu de fois où j'avais vu passer ce livre en grand format, c'était toujours agrémenté d'un super avis positif. La sortie poche et ma copine Florence (floandbooks) ont eu raison de ma faible résistance et j'ai acquis ce livre qui n'est pas resté longtemps dans ma PAL. Dans cette courte histoire, on se laisse entraîner gentiment dans les réflexions des deux femmes installées en terrasse. Leurs pensées vont finalement constituer une sorte d'essai féministe regroupant tout ce qu'est et implique d'être une femme. Sous cette légèreté apparente, la fin nous réserve une belle surprise à laquelle je ne m'attendais pas du tout!

Points de vue/Critiques:

        Cette histoire nous invite à suivre une courte parenthèse dans la vie de deux jeunes femmes installées en terrasse, qui s'observent et se jugent (que celles et ceux qui n'ont jamais jugés...). Car lorsque l'on est seul, confortablement installé et que l'on se trouve en société où le monde et que les choses que l'on voient avant tout ce sont les gens nous entoure, que fait-on? On les regarde, les analyse, les réfléchit, les juges. C'est quelque chose d'inévitable, presque un réflexe, que l'autrice met parfaitement en scène, sans jamais une once de moralité derrière. En effet, derrière ces jugements apparents, ce n'est pas une volonté franche et avenante de vouloir critiquer (par le négatif) et de juger impérativement: c'est finalement quelque chose d'instinctif qui peut amener sur des réflexions personnelles.

            Les deux jeunes femmes semblent à l'opposé l'une de l'autre: timide et introvertie en passe de commencer une nouvelle histoire d'amour pour l'une, et l'autre, plus exubérante et sûre d'elle qui est sur la pente de la rupture. Si à l'extérieur, tout à l'air de les dissocier, leurs pensées vont nous montrer qu'en fait, elles ne sont pas si différentes l'une de l'autre, et même pas différentes de toutes les autres femmes. Car leurs pensées secrètes vont montrer des visions limitantes de leur physique et leur personnalité. De prime abord, chacune va se dévaloriser sur plein d'aspects alors que ceux-là même vont trouver grâce et envie dans les yeux de l'autre. Elles illustrent donc parfaitement le fait que tout est toujours mieux chez les autres...! On oscille donc sans cesse entre envie et jalousie dans une ambivalence toujours réussie. Et puis, au fur et à mesure de leurs réflexions personnelles sur le physique, les pensées vont dévier et parcourir différents domaines qui peuvent se résumer à tout ce qui fait d'une femme, une femme: la recherche de l'amour, l'acceptation de soi, le fait d'être mère, les interrogations sur l'avenir, la confiance en soi, le féminisme, etc... Leur sincérité est vraie et touchante et le tout est surtout auréolé d'une bonne dose d'humour aussi mordante que décapante, qui m'a bien fait rire à plusieurs reprises!

            Je ne savais pas du tout comment aller se conclure ce livre et je ne m'attendais pas à quelque chose de grandiloquent et pourtant...! Si on m'avait dit que la fin était vraiment surprenante et qu'il y aurait un retournement de situation, je ne l'aurais pas cru. Ce revirement a de quoi étonné et apporte une touche de piquant et d'originalité certaine. Bon, après, pour les esprits rationnels comme le mien, il ne fait pas trop chercher car il y a des incohérences et des choses impossibles, mais face à la magie de cette fin, on occulte la rationalité et l'on termine cette lecture avec le sourire d'avoir bien ri et de s'être fait avoir en beauté avec cette jolie conclusion.

En bref:

            Ce court roman est efficace à souhait puisqu'il nous attendrit, nous fait rire et nous surprend pleinement, tout ceci en seulement 200 pages. "Déjeuner en paix" nous offre une courte parenthèse, une occasion de plonger dans les pensées de deux jeunes femmes installées seules en terrasse, qui s'observent et se jugent. Sans une once de moralité, l'autrice met très bien en scène cet instinct quasiment réflexe et inévitable de juger autrui. Mais ces pensées secrètes vont aller plus loin: en plus de montrer des visions limitantes de leur physique et leur personnalité, elles vont permettre de mettre en exergue toutes les questions qu'une femme se pose sur ce qu'est justement une femme de nos jours. On oscille donc sans cesse entre envie et jalousie dans une ambivalence toujours réussie. Leur sincérité est vraie et touchante et le tout est surtout auréolé d'une bonne dose d'humour aussi mordante que décapante. Ce tableau saisissant se conclut par une jolie surprise qui donne lieu à une belle leçon de vie et un beau message de tendresse et d'amour de soi.

mardi 20 avril 2021

Trois (Valérie Perrin)




Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Albin Michel (31 Mars 2021
672 pages
ISBN-10: 2226451145 
ISBN-13: 978-2226451149 
Genre: Contemporain
Lu le: 3 Avril 2021
Ma note: 17/20 




Résumé/4ème de couverture:

« Je m’appelle Virginie. Aujourd’hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore. Nina me méprise. Quant à Etienne, c’est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l’enfance. Je ne me suis jamais attachée qu’à ces trois-là. »

1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.

2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ? 

Mon avis:

            Contrairement au succès unanime de "Changer l'eau des fleurs", j'étais ressortie de cette lecture avec un avis vraiment moyen pour cette histoire. Ayant bien aimé "Les oubliés du dimanche", j'avais hâte de découvrir ce troisième roman et voir où il s'établirait sur mon échelle d'estimation. Et "trois" est clairement le roman que j'ai préféré et de loin. Cette histoire d'amitié unique nous entraîne dans les secrets, les suspicions, l'acceptation de soi et le pardon. Les valeurs véhiculées sont belles et l'on se prend littéralement au jeu du chat et de la souris avec ces trois amis d'enfance.

Merci aux éditions Albin Michel pour cet envoi!

Points de vue/Critiques:

            La narratrice de ce livre, Virginie, nous raconte l'histoire de Nina, Adrien et Etienne avec qui elle a partagé des moments d'enfance et nous raconte à quel point ses trois là étaient amis depuis leur plus tendre enfance, aussi loin que leurs souvenirs le permettent. On découvre un trio indéboulonnable. Ils ont tout traversé ensemble, ils se racontaient absolument tout sans aucun tabous malgré leur différence de milieux, de culture et de sexe. On discerne très rapidement la personnalité de chacun et deviennent très vite aussi attachants les uns que les autres. Mais on comprend aussi très vite que cette histoire ne sera pas seulement une simple histoire de vie et d'amitié. On ressent presque immédiatement beaucoup de mystères, de sous-entendus, une ambiance presque malsaine mais pas malaisante du tout, renforcée par l'histoire en 2017 où il est question d'une voiture retrouvée dans un lac... De plus, le personnage de Virginie est très mystérieuse et on ne comprend pas réellement ce qui la relie au trio. On a donc cette atmosphère de tension est toujours présente de façon sous-jacente que j'ai vraiment beaucoup aimé. Les tensions se désépaississent progressivement tout le long du livre au profit de révélations qui arrivent avec délicatesse et pudeur. J'ai été tellement embarqué dans cette histoire et cette atmosphère mi-douce mi-tendue que je n'ai absolument pas compris où l'autrice voulait nous emmener avec Virginie, et ce fut une belle surprise pour moi.

            Presque 700 pages pour raconter une histoire d'amitié semble bien long et pourquoi il n'en n'est rien. En effet, en plus de prendre le temps de connaitre chacun des personnages, on cherche aussi à bien comprendre comment s'est construit leur relation. Et si à l'âge adulte, il semble que cette relation se soit délitée, on se demande comment une amitié si fusionnelle a pu voler en éclats. Quels sont les facteurs qui sont intervenus? Qu'est ce qui a pu les éloigner? Et pour analyser tout cela, c'est à travers des voyages entre passé et présent, que l'on se laisse guider pour chercher, supposer et constater au fils des révélations ce qui s'est passé entre Nina, Adrien et Etienne. Chacun d'entre eux est décrit avec justesse, sans caricatures et avec tout ce qu'elle a pu vivre, Nina semble sortir du lot et m'a particulièrement touchée.

            Avec Nina, Adrien et Etienne on va parler de différents sujets et aborder plusieurs valeurs humaines. Leur jeunesse montre une certain fougue, une envie de croquer la vie à pleine dents, de partir de leur campagne afin de conquérir le monde et s'offrir un beau métier. Leurs rêves touchent les idéaux mais leur fraicheur, leur envie de grandir trop vite et leur insouciance sont vivaces et font du bien. Et puis leur optimisme sera vite confronté aux dures lois de la vie et surtout de l'âge adulte. Il y a aura des mensonges, des dissimulations, des gênes, des hontes qui viendront s'immiscer dans leur relation. Le mal-être, l'acceptation de soi, la reconstruction, trouver sa place dans la société ou encore le pardon seront autant de thèmes et valeurs retrouvés tout le long du récit. 

En bref:

            "Trois" c'est une histoire d'amitié fusionnelle entre Nina, Adrien et Etienne, un trio indéboulonnable depuis leur plus jeune âge. Mais ce n'est pas une histoire qui pourrait sembler banale puisque Valérie Perrin arrive à rendre quelque chose de vraiment romanesque, qui nous entraîne et nous accroche fortement au récit. En effet, avec le personnage de Virginie qui nous raconte les moments d'enfance du trio, on sent poindre de temps en temps une aura pleine de mystères et d'interrogations, offrant parfois une atmosphère tendue, presque gênante. Les personnages sont justes et attachants et l'on se pose beaucoup de questions quant a ce qu'ils ont vécus et au pourquoi de leur mésentente parvenus à l'âge adulte. A travers des allers-retours entre passé et présent, les intrigues s'emmêlent parfaitement et les tensions s'apaisent peu à peu au fur et à mesure des révélations qui arrivent avec pudeur et délicatesse. Des indices sont laissés avec parcimonie, et tellement embarquée dans ce récit de vie et d'amitié, j'ai été surprise et me suis doucement faite avoir. Cette histoire d'amitié unique nous entraîne à travers de belles valeurs et l'on se prend littéralement au jeu du chat et de la souris avec ces trois amis d'enfance.

Autour du livre:

 De la même autrice:

° Les oubliées du dimanche (<-- chronique à retrouver ici)

° Changer l'eau des fleurs (<-- chronique à retrouver ici)