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mardi 30 juin 2020

Les soeurs Van Apfel ont disparu (Felicity McLean)





Titre original: The Van Apfel girls are gone
Traduction: Sylvie Schneiter
Nationalité de l’auteur: Australienne
Editions Presses de la Cité (28 Mai 2020)
283 pages
ISBN-10: 2258162920
ISBN-13: 978-2258162921
Genre: Thriller
Lu le: 15 Juin 2020
Ma note: 12/20



Résumé/4ème de couverture:

Été 1992, dans une lointaine banlieue de Sydney, en lisière du bush. Un été caniculaire durant lequel une puanteur infecte se dégage du lit de la rivière. Un été que Tikka, onze ans et deux mois, n’a jamais oublié : celui où les soeurs Van Apfel ont disparu.

Les trois filles du pasteur — Hannah, l’aînée, Cordelia, la fantasque, somnambule à ses heures, et la petite Ruth avec son bec-de-lièvre — profitent de l’entracte du spectacle de l’école pour se faire la belle et s’évanouir dans la nature. Le corps de la plus jeune sera retrouvé coincé entre deux rochers…

Vingt ans plus tard, Tikka retourne chez ses parents pour prendre soin de sa grande soeur, malade. Un séjour qui sera l’occasion d’affronter avec elle les fantômes qui les hantent. Leurs amies se sont-elles enfuies pour échapper au joug de leur père ou ont-elles été victimes d’un prédateur ? Y a-t-il la moindre chance pour qu’Hannah et Cordelia soient aujourd’hui toujours en vie ?

Entre désir de liberté et rêves étouffés, un texte qui capture avec justesse, humour et intensité l’essence même de l’adolescence. Et s’il y est question du spleen des soeurs Van Apfel, ce roman résonne aussi des rires de ses héroïnes et se dévore comme un page-turner.

Mon avis:

            Je remercie les éditions Presses de la Cité pour cette proposition de thriller, le premier livre de l’autrice Australienne. Des soeurs qui disparaissent, une seule retrouvée morte, un retour aux sources pour une de leur amie, des secrets cachés: tout ceci sont autant de bons éléments pour créé un vrai page-turner comme mentionné dans son résumé. Mais force est de constater que même si le mystère et l’ambiance lourde et pesante sont bien présents tout le long du récit, l’histoire s’est avérée être une déception puisqu’il n’y a aucune conclusion.

Points de vue/Critiques:

            Hannah, Cordelia et Ruth sont les soeurs Van Apfel que l’on découvre en remontant le passé à travers les souvenirs de leur amie Tikka, qui revient chez elle pour s’occuper de sa soeur ainée, Laura, qui est malade. C’est donc aussi l’occasion pour Tikka de se souvenir et de confronter ce dont elle se souvient avec les souvenirs de Laura. En fonction de leur âge, Laura était plus proche de Hannah qui elle-même était toujours aux côtés de Cordelia. Quand à Ruth et à Tikka, elles étaient les plus petites et souvent mises à l’écart. 

            A travers les souvenirs remémorés de Tikka et de Laura qui n’ont jamais cessé de s’interroger et de garder espoir quant à la survie et au retour de Hannah et de Cordelia, nous découvrons que les soeurs Van Apfel vivaient un quotidien très pieux et très restrictif par rapport au métier de pasteur de leur père. Avec leur discussion sur le passé et avec le recul, le lecteur peut se rendre compte que les adultes à l’époque n’avaient pas forcément conscience de ce qui se passait dans cette famille et de tout les petits éléments qui pourraient paraître anodin mais qui sont finalement assez étranges lorsqu’ils sont mis tous ensemble. Cette absence de prise de conscience n’est pas à mettre sur le compte unique des adultes puisque les enfants sont également restés dans une sorte de pacte du silence et qu’ils n’allaient pas trahir leurs camarades et amis… 

            Tout le récit revient donc principalement sur tout ce passé, sur la vie des enfants avant la disparition des soeurs Van Apfel. Avec les petites choses que l’on découvre, certaines plus malsaines et plus interrogatives que d’autres, on nage dans une réelle ambiance lourde et pesante, vraiment malsaine. C’est très prometteur pour un final et des réponses flamboyants. En attendant, au fur et à mesure de la lecture, nous saurons progressivement le pourquoi et le comment de ce départ de la fratrie. Mais malheureusement, ce qui s’est passé réellement, ça nous ne le saurons jamais…! En effet, toutes les zones d’ombres restent telles qu’elles. Aucune réponse n’est donnée, on ne revient pas ou partiellement sur l’enquête de l’époque et la faire avance et la résoudre n’est absolument pas le but de ce récit. On parvient donc à la fin de cette histoire sans aucune résolution: ce n’est pas une fin ouverte c’est une non-fin qui nous fait vraiment reste rsur notre faim!!!

En bref:

            Pour un premier livre, Felicity McLean nous emmène dans le bush australien et dans le passé afin de revenir sur l’enfance des soeurs Van Apfel, soeurs qui ont disparu pour deux d’entres elles, sans que l’affaire n’est été résolue jusque là. En remontant dans le passé et au fil des souvenirs évoqués, on se rend compte que les non-dits des enfants, formant une sorte de pacte du silence, peuvent avoir de graves conséquences et que les adultes les entourant n’ont pas forcément pris conscience de certaines petites choses anodines, mais grave lorsqu’elles sont cumulées. Ainsi, on nage dans ambiance lourde, pesante et malsaine propice à un beau final renversant. Malheureusement, pire qu’une fin ouverte, il n’y a pas de fin! En effet, il n’y a aucune progression ou résolution de l’enquête sur la disparition et on ne trouve aucune réponses aux multiples interrogations qui restent en suspend. Un roman inachevé à mon sens… 

lundi 29 juin 2020

Les fleurs sauvages (Holly Ringland)




Titre original: The lost flowers of Alice Hart
Traduction: Anne Damour
Nationalité de l’auteur: Australienne
Editions Le Livre de Poche (10 Juin 2020)
numéro 35786
512 pages
ISBN-10: 2253101753
ISBN-13: 978-2253101758
Genre: Contemporain
Lu le: 9 Juin 2020
Ma note: 15/20



Résumé/4ème de couverture:

Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère, qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie. Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux. Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite-fille. Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des choses que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir.

Mon avis:

            Première lecture du Prix des lecteurs Livre de Poche pour le mois de juin avec « Les fleurs sauvages » qui possède une aussi belle couverture que celle du grand format. Le livre est une histoire très florale et très féminine! Avec Alice, on va voyager en Australie dans un récit de vie, pas vraiment trépidant et passionnant dans lequel on notera de multiples petites longueurs. Au fil des années, la jeune femme va mûrir, et apprendre quantité de choses sur sa vie et sur les gens au fil des rencontres, plus ou moins fortuites, qui vont parsemer son chemin.  

Points de vue/Critiques:

            Il est difficile de décrire ce récit qui pourrait plutôt s’apparenter à un roman d’atmosphère. En effet, nous allons suivre la vie d’Alice que l’on rencontre alors qu’elle est enfant. Suite à un drame familial, elle se retrouve à vivre chez sa grand-mère qu’elle ne connaît pas et qui est à la tête d’un domaine horticole qui se transmet de génération en génération. Entre sa grand-mère qu’elle découvre, les nombreuses femmes qui vivent et travaillent sur l’exploitation telle une grande famille qui font désormais parties de son quotidien, et les premiers émois amicaux et amoureux, Alice a beaucoup de choses à découvrir et à faire dans son quotidien. Mais force est de constater que ce quotidien n’est pas franchement trépidant et qu’il ne se passe grand chose hormis la description d’une vie classique. Je me suis donc assez ennuyée dans cette lecture, sans compter qu’entre les quelques passages où l’on était réellement dans le vif du sujet et qui était intéressant, on retrouve de nombreuses petites longueurs. 

            On est assez rapidement confronté à un secret de famille qui aurait pu être une sorte de relance de l’intrigue si ce secret n’était finalement pas aussi rapidement dévoilé pour le lecteur et si seule Alice était celle qui n’était pas au courant. Ce secret est donc une révélation choc uniquement pour Alice, qui sera alors l’élément déclencheur pour une nouvelle vie pour la jeune femme. Si elle a toujours eu des interrogations concernant sa famille et son passé, Alice va alors tout faire pour chercher les réponses à ses questions. Elle va aussi apprendre des choses sur elle-même en poussant les autres dans leurs retranchements et en leur arrachant la vérité. Mais c’est également à travers les différentes rencontres et les différentes personnes qu’elle a fait entrer dans son quotidien, qu’elle va évoluer et mûrir. Car entre les relations toxiques et les mauvaises décisions prises, Alice a finalement besoin de tout cela pour avancer dans la vie et revenir aux sources. 

            On notera la très belle mise en page de chapitres. Agrémenté de très jolies illustrations, chaque chapitre porte le nom d’une fleur endémique du bush australien, dont on nous donne toutes les caractéristiques (nom, signification, lieu de vie, particularités) en préambule et qui sera forcément en lien avec ce que vivra Alice dans ce chapitre. 

En bref:

            Graphiquement très beau, ce roman de Holly Ringland est un récit de vie assez contemplatif que l’on pourrait plutôt appréhender comme un roman d’atmosphère. On va suivre la vie d’Alice, qui, au fil des drames et des rencontres, va lever le voile sur son passé et sur sa famille, tout en se découvrant une nouvelle vie plus mature. L’autrice a mis en avant une histoire d’humanité et un récit qui fait exclusivement la part belle aux femmes. Mais ce récit de vie est finalement peu intéressant avec peu de réels évènements, ce qui fait que c’est un récit lent. Avec de nombreux passages qui trainent en longueurs et des problèmes de traduction, cette lecture s’est faite en diagonale. Cependant, ce livre est une jolie invitation au voyage au coeur du bush Australien et la mise en page illustrée des chapitres avec les dessins et les explications des fleurs endémiques Australiennes est un vrai ravissement!

Autour du livre:

Fait parti de la sélection du Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020 catégorie Littérature pour le mois de Juin

mercredi 24 juin 2020

Les victorieuses (Laëtitia Colombani)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche (3 Juin 2020)
numéro 35741
234 pages
ISBN-10: 2253934631
ISBN-13: 978-2253934639
Genre: Contemporain
Lu le: 8 Juin 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn out. Acceptant une mission bénévole d'écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, un foyer au cœur de Paris. Les résidentes s'appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu'elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Mais Solène est bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés...
Un siècle plus tôt, Blanche Peyron œuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l'Armée du Salut et rêve d'offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais elle ne renonce jamais.

Mon avis:

            Après le très bon « La tresse » au succès retentissant et mérité, le deuxième livre de Laëtitia Colombani avait une certaine pression, mais l’autrice a parfaitement relevé le défi, puisqu’avec une histoire à la fois différente mais à la fois, sensiblement et humainement identique, « Les victorieuses » nous fait passer un aussi bon moment, avec une plume juste, directe et emprunte d’une belle sensibilité. 

Points de vue/Critiques:

            Dans la construction de ce livre, on va suivre deux histoires en parallèle, à deux époques différentes. Il y aura tout d’abord l’histoire contemporaine de Solène, qui se retrouve totalement perdue dans sa vie, sans aucun repère, après un burn-out. Et puis, nous suivrons également dans les années 20, l’histoire de Blanche Peyron, effacée par l’Histoire qui n’a retenu d’elle que le nom de son époux. Et le point commun de ces deux femmes n’est pas une personne, comme c’est bien souvent le cas lorsqu’il est question d’un récit comportant deux histoires à deux époques, mais un endroit: le Palais de la Femme, un lieu qui existe réellement, mais dont j’ignorai personnellement tout. C’est grâce à Blanche Peyron qu’un tel lieu existe puisqu’avec l’aide de son mari, on découvre qu’elle a créé ce Palais de la Femme afin d’abriter des personnes dans le besoin, elle qui ne supporte pas la misère. Son ambition était de sauver toutes les femmes de la rue, de leur apporter un refuge, c’est-à-dire un premier pas pour sortir de la misère. Son courage et sa détermination sont sans faille et en dépit de ce qu’était la condition féminine à l’époque et des difficultés financières, elle arrivera à son but. Il est étonnant de voir qu’une telle femme qui a réellement existé et qui a fait tant de choses qui résonnent encore de nos jours, est finalement méconnue. Une nouvelle preuve que l’Histoire a plutôt tendance à retenir les hommes et l’on ne peut que remercier Laëtitia Colombani d’avoir mis sous les projecteurs cette grande femme.

            Presque par hasard, Solène va également découvrir le Palais des Femmes, et vivra finalement ce qu’a vécu Blanche Peyron bien des années avant elle. Sans cet élément dévastateur qu’a été son burn-out qui lui a totalement fait quitter sa petit vie tranquille et confortable, Solène n’aurait jamais découvert cet autre aspect de la vie: celui de la tragédie ou de la misère, quelqu’en soit la raison ou la cause, aussi diverses soient-elles. La maladie, l’exclusion, l’immigration, la pauvreté ou encore les violences conjugales sont autant de facteurs qui ont permis à toutes ces femmes de trouver refuge et de croiser la vie de Solène. Cette dernière va avoir voir sa vision de la vie et des choses changé. Elle est à l’image de ce chacun peut être: c’est-à-dire une personne qui croise régulièrement une sans-abri sans jamais y prêter attention ou sans jamais savoir que faire ou que dire… 

En bref:

            Tout comme « La tresse », Laëtitia Colombani nous offre dans « Les victorieuses » une nouvelle histoire de femmes, aussi diverses soient-elles, sensiblement et humainement identique et avec toujours cette plume juste et directe. A deux époques différentes, nous suivrons deux histoires: celle de Solène qui cherche à retrouver un nouveau souffle et une nouvelle voie à sa vie après un burn-out et celle de Blanche Peyron, une femme que l’Histoire a vite oublié au profit de son mari malgré tout son engagement et sa dévotion dans l’Armée du Salut. Le point commun de ces deux femmes résultera en un lieu: le Palais des Femmes. Avec une grande partie historique très intéressante qui nous fait apprendre quantifié de choses, l’autrice nous livre ici une très jolie histoire d’humanité, de reconstruction et de mains tendues. 

Autour du livre:

De la même autrice:
   La tresse (<— chronique à retrouver ici)