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vendredi 1 juin 2018

Si on dansait... (Rachel Joyce)




Titre original: The Music Shop
Traduction: Rémi Bonnard
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Editions XO (16 Mai 2018)
374 pages
ISBN-10: 2374480429
ISBN-13: 978-2374480428
Genre: Contemporain
Lu le: 19 Mai 2018
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.

Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…

C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.

Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.

C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…

Avec une sensibilité magnifique, Rachel Joyce célèbre le courage de gens ordinaires, la force de l’amour, mais aussi la puissance de la musique qui, parfois, peut sauver des vies.

Mon avis:

            Je remercie chaleureusement les éditions XO pour cette proposition de partenariat que j’ai accepté avec grand plaisir.  Avec « Si on dansait… », Rachel Joyce n’en est pas à son premier opus, néanmoins, je ne connaissais pas encore cette auteure. Et en ayant lu et bien apprécié son dernier livre, je prêterais beaucoup plus attention à elle!
« Si on dansait… » s’est avéré être une bonne lecture, qui nous plonge de façon immersive et très nostalgique dans les années 80, dans les rues de Londres. Avec des personnages aux antipodes des héros que l’on retrouve souvent, cette histoire d’amitié, de fraternité et d’amour non déclaré s’inscrit en profondeur dans le milieu de la musique et des vinyles, véritables fils conducteurs du livre.

Points de vue/Critiques:

            Les personnages de ce roman ont tous des caractères qui font que l’on a jamais, ou rarement, rencontrés ce genre de personnalités auparavant. Pas de héros mais que des gens comme vous et moi, ça ne fait pas fantasmer ni même vraiment rêver mais c’est touchant et d’une grande sensibilité. Sans être pour autant très originaux ou extravagants, ils restent tout de même très crédibles, encore plus lorsque l’on se situe dans les années 80. Le fait également de retrouver peu de personnages, fait en sorte de bien cerner chacun d’entre eux et de les rendre tous très attachants. De plus, ce petit groupe de personnes constitue une réelle et belle petite communauté. Travaillant tous à l’origine dans une petite ruelle de Londres, leur premier rapport sont avant tout professionnels. Mais leur générosité, leur passion pour leur commerce et leur cohésion ont fait en sorte qu’une amitié s’est cousue au fil du temps entre eux. 
Ce petit côté communauté est très touchant, et nous avons l’impression d’en avoir fait partie le temps de notre lecture. 

En revanche, le personnage de Lisa reste énigmatique tout le long de l’histoire, aspect voulu, je pense, et donc parfaitement maîtrisé. Je me suis posée tellement de questions à son sujet que bon nombre d’hypothèses avaient été émises, mais j’ai cherché beaucoup trop loin et de manière trop complexe: l’auteure a tout bonnement choisie la simplicité et au final, pas de déception en vue, ça fonctionne puisque l’on est pris aussi par le rythme et le flot apporté par la musique, sujet et peut-être autre personnage principal de l’histoire!

Dans toute sa diversité, la musique fait partie intégrante de l’histoire et cela notamment par la passion et la dévotion de Frank pour cet art, dont il défend ardemment la forme de vinyles! On peut même dire que Frank possède une sorte de don: malgré les goûts et les demandes de ses clients, il est capable d’identifier très rapidement quelle est la musique, et plus précisément le titre qui ira parfaitement à la personne, qui changera sa vie ou qu’il lui fallait à ce moment là. La musique est vraiment traitée et décrite avec passion, et cela de façon très éclectique. 
Ce contexte est donc véritablement très original, et cette façon de montrer que la musique peut adoucir les meurs ou même sauver et changer des vies de quelque façon que se soit, est assez bouleversant.

L’autre originalité et autre petit plus de cette histoire, c’est le contexte temporel c’est-à-dire les années 80. L’histoire aurait été relaté dans une autre époque, plus contemporaine peut-être, qu’elle n’aurait pas eu ce charme et cet intérêt. Epoque pas tellement lointaine non plus, ces années 80 permettent de nous replonger assez facilement pour s’y projeter, dans une époque où la technologie n’était pas présente et où les relations humaines étaient peut-être plus fréquentes et plus naturelles. Cela permet aussi de vivre les débuts flamboyants des CD et donc la descente aux oubliettes des vinyles (alors qu’ils retrouvent une nouvelle jeunesse actuellement) ou encore la disparition des petites commerces de proximité au profit de rachats intensifs afin de créer des centres commerciaux.

En bref:

            Avec « Si on dansait… », Rachel Joyce nous offre une histoire d’amitié entre des personnes qui ont constitué une belle petite communauté très touchante et une histoire d’amour, aussi varié qu’inaccessible, mais qui fait avancer et grandir. Tout cela fonctionne parfaitement et est mis en avant  grâce à plusieurs touches d’originalité: les années 80 dans lesquelles on retombe avec grand plaisir et nostalgie, les personnages aux personnalités anti-héros déjà vus, et bien sûr la musique, véritable personnage et ambianceur du roman. Cette musique apporte une belle philosophie et elle est tellement bien décrite de façon éclectique qu’elle ne pourra que ravir davantage et résonner encore mieux aux oreilles des mélomanes!



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