Mes derniers avis romans:



mercredi 13 février 2019

Ecoute la petite musique du Clos des Anges (Ondine Khayat)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Solar (17 Janvier 2019)
270 pages
ISBN-10: 2263159762
ISBN-13: 978-2263159763
Genre: Contemporain
Lu le: 29 Janvier 2019
Ma note: 17/20





Résumé/4ème de couverture:

            Fais confiance à la vie, Raphaëlle. Elle ne ferme jamais une porte sans en ouvrir une autre. Raphaëlle, artiste peintre à fleur de peau, a depuis longtemps rompu les liens avec un père qui l'a toujours rejetée. Lorsqu'elle apprend son décès, toutes ses blessures refont surface. À 39 ans, elle est rattrapée par son passé. Que faire du Clos des Anges, la magnifique demeure que son père lui a léguée à Giverny ? Doit-elle fuir ses souvenirs ou se confronter enfin à son enfance douloureuse ? Poussée par Fanny, son amie de toujours, et par Paul, le mystérieux jardinier du Clos des Anges, elle décide de s'installer dans la maison de son père et d'ouvrir ce lieu magique à d'autres personnes qui, comme elle, cherchent à réinventer leur vie. Pas à pas, Raphaëlle ose revisiter son enfance, s'ouvrir aux autres et faire vibrer en elle la petite musique de la vie... Une histoire touchante qui nous apprend à accepter notre passé, à nous libérer des blessures de l’enfance et à faire l'expérience des liens qui guérissent.

Mon avis:

            Parce que j’avais découvert l’autrice avec « Les petits soleils de chaque jour » qui m’avait beaucoup plus, j’étais enjouée de découvrir son nouveau titre, rien qu’en voyant que l’action se passe à Giverny, endroit propice à créer de belles histoires. Et « Ecoute la petite musique du clos des anges » a été un petit coup de coeur, qui m’a très rapidement emportée et que j’ai engloutit en seulement deux moments de lecture!

Points de vue/Critiques:

            La première partie du roman pose les bases de l’histoire et se concentre sur le personnage de Raphaëlle, qui est une femme ayant déjà un passé, qui connaît la vie qu’elle soit privée, personnelle ou professionnelle et qu’elle soit belle ou non. En effet, après une enfance très difficile, nous avons affaire à une Raphaëlle qui s’est accomplit en tant qu’adulte mais qui aujourd’hui, après un divorce et un changement de profession, aspire à une nouvelle vie qui commence par la peinture. Mais alors qu’elle pense avoir trouvé un nouvel équilibre, son passé la rappelle: son père, qu’elle n’a pas vu depuis plus de 15 ans et avec qui elle n’a jamais eu de vraie relation, vient de mourir et lui lègue le Clos des Anges, à Giverny. Que doit-elle faire de cet endroit? Est-ce une nouvelle vie qui s’ouvre à elle ou doit-elle retourner dans sa bulle personnelle qu’elle s’est efforcée de construire loin de toutes choses lui rappelant son enfance?

La deuxième partie du roman va alors avoir pour personnage principal, le Clos des Anges. Cet endroit va un avoir un fort impact, non seulement sur Raphaëlle, mais également sur d’autres personnages qui vont venir se greffer petit à petit à cette histoire. Et c’est là que l’autrice a su faire prendre une direction particulière à son récit, qui aurait être plus classique et moins attrayant et entraînant si toute l’histoire s’était focalisée sur Raphaëlle. À l’image de cette dernière qui nous est tout de suite attachante puisqu’elle déborde de sincérité, tous les autres personnages qui vont vivre au Clos des Anges, à la façon d’une auberge espagnole, sont authentiques et sympathiques. Ces caractéristiques qui émanent d’eux viennent aussi du fait qu’ils sont matures: ils ont au minimum la quarantaine, ils savent donc ce qu’est la vie et leurs décisions, leurs espoirs et leurs attentes sont légitimes et on les comprend beaucoup mieux que si les personnages avaient moins de vécu.  C’est aussi cela qui apporte de la joie, de la tendresse et de l’optismisme à toute cette histoire. 

Que se soit pour différentes raisons, les personnages vont être les porte-paroles de la réflexion personnelle et sur la capacité et la volonté qu’à chacun d’avancer dans la vie, quelque soit son passé et son vécu et quelque soit ses objectifs ou ses motivations. Cette volonté d’aller vers l’avant est mis en lumière ici sur le fait qu’elle peut (et doit parfois) s’accompagner d’une aide extérieure précieuse, que chacun est en droit de demander de l’aide et qu’il a le droit d’avancer à son propre rythme. 

Raphaëlle et tout ce petit monde nous emporte langoureusement dans une sorte de béatitude et de douceur. Et quand en plus, cette histoire se déroule dans un cadre majestueux qu’est Giverny, qui fait rêver avec ses jardins flamboyants et apaisants, faisant en sorte que les personnages retrouvent un retour aux sources grâce aussi à la nature, on ne peut que laisser parler ses émotions.

En bref:

            Le nouvel opus de Ondine Khayat se déguste mais s’engloutit aussi très vite tant cette histoire est tendre, attrayante et optimiste. C’est un livre tout en émotion mais les personnages tous matures et ayant déjà un certain vécu font en sorte d’être non seulement attachants mais font aussi en sorte d’avoir une histoire emprunte de réalisme qui ne tombe pas dans la légèreté et le superficiel. Raphaëlle et tous ses acolytes nous entraine donc dans des pas de danse entraînants nous menant sur le chemin de la réflexion de soi et sur la capacité à avancer dans la vie. 

Autour du livre:
  • De la même autrice:
    • Les petits soleils de chaque jour (<— chronique à retrouver ici)

mardi 12 février 2019

Un fils parfait (Mathieu Ménégaux)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Points (1 Février 2018)
numéro P4721
168 pages
ISBN-10: 2757869221
ISBN-13: 978-2757869222
Genre: Contemporain
Lu le: 3 Février 2019
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu'on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu'il a menti sur tout, tout le temps ? Qu'il va falloir se résoudre à affronter celui qu'on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

Inspiré d’une histoire vraie, le récit poignant du combat d'une mère contre la machine judiciaire.

Mon avis:

            Après avoir lu « Je me suis tue » de Mathieu Ménégaux, je savais à quoi m’attendre avec ce nouveau livre et j’avais pris mes précautions avant de le commencer. En effet, « je me suis tue » avait été si prenant et haletant (je l’ai lu d’une seule traite), et en même temps tellement foudroyant qu’il vous met mal à l’aise tout en vous insufflant une énorme claque, que je me doute que l’auteur va réitérer le genre, tout en sachant que cette fois-ci il est question d’inceste dans cette nouvelle histoire… D’où la préparation à la lecture de « Un fils parfait ». Au final, je crois que cette lecture m’a plus agacé que « plu », si tant est qu’on puisse dire qu’une telle histoire plait, tout comme celle de « Je me suis tue ». Heureusement que la toute fin m’a beaucoup plus, et même si l’on ne peut pas rester insensible à ce genre d’histoire, je n’ai pas apprécié les réactions (notamment celle de Daphné) qui sont trop disproportionnées, mal adaptées et pas nuancées.

Points de vue/Critiques:

            Pour cette nouvelle histoire, Mathieu Ménégaux s’attaque encore une fois à un sujet très lourd et très grave, à savoir l’inceste. Et à travers ce très court récit, totalement immersif, on aborde tout ce qui découle d’un tel acte : la réaction de la mère, comment agir, l’innocence des enfants dans cette situation et l’interrogation quant à leur futur, les « motivations » du père qui apparait pour tous comme un père normal et aimant, la manipulation des enfants, la présomption d’innocence face aux accusations des enfants parfois manipulateurs, comment sortir rapidement de ce cercle infernal face à la lenteur juridique et face au long processus d’incrimination et de preuves, etc… Autant dire que tout va très vite, et que tout comme Daphné, la maman, nous sommes pris dans un engrenage monstre et tout cela est révoltant.

Une nouvelle fois, Mathieu Ménégaux se met donc dans la peau d’une femme qui va raconter toute cette sordide histoire à travers une lettre, une très grande lettre, adressée à la maman de son mari. Les réactions tellement fortes, tellement réalistes de ce personnage féminin sont assez bluffantes lorsqu’il s’agit d’un auteur masculin qui « incarne » un personnage féminin aussi bien. Néanmoins, je n’ai pas réussi à apprécier et à m’attacher au personnage de Daphné, tant ses réactions et ses émotions m’ont semblé disproportionnées et c’est là-dessus que l’auteur m’a déçu, ne faisant pas d’elle quelqu’un de plus sensée et de raisonné, surtout pour une maman ! En effet, à partir du moment où les faits d’inceste sont clairement établis pour elle, on peut dire qu’elle pête un câble : elle devient tout de suite hystérique pour la moindre chose, dans la rue, dans des situations banales, et en plus, Daphné ne prend à aucun moment la peine de « s’assagir » et d’expliquer tout ceci à ses filles, qui sont effrayées et qui prennent tout de suite aussi peur, voire plus, d’elle, que ce que leur fait subir leur père… (tout en sachant, aussi horrible que c’est-à-dire, qu’il n’y a pas pu viol techniquement parlant, à l’image de ce qui est expliqué dans le texte, mais terme qu’emploie Daphné). Vous me direz que concernant les réactions de Daphné, il y a de quoi devenir folle dans une telle situation, mais en étant une maman qui veut protéger ses enfants avant tout, ne doit-elle pas être plus réfléchie et plus posée afin de préserver ses filles au mieux et agir comme il se doit ? Le personnage de Daphné m’a donc passablement agacé, et au milieu du livre un sentiment de lassitude est venue, mais j’ai résisté à tout arrêté ou à passer pour savoir comment cette histoire finirait.

Heureusement, la toute fin m’a beaucoup plu et elle m’a surprise, et c’est ce qu’il fallait pour « conclure » un tel récit et surtout, pour moi, de ne pas être totalement déçue par ce livre.

En bref:

Tout comme son premier livre « Je me suis tue », Mathieu Ménégaux se met dans la peau d’une femme et il nous livre toutes ses pensées et ses réactions les plus intimes face à une situation sordide, l’inceste. « Un fils parfait » est une lecture coup de poing, qui énerve, qui agace, qui dégoute, qui met mal à l’aise, bref un livre qui ne peut pas laisser indifférent et dont on ne ressort pas tout à fait indemne. On est une nouvelle fois pris en apnée dans une histoire glaçante et qui finit par nous clouer sur place à la toute fin. Mais personnellement, le personnage de Daphné m’a agacé au vue de ses réactions disproportionnées et non nuancées qu’une mère réfléchie n’auraient pas eu, ce qui me confére un sentiment très mitigé sur ce livre.

Autour du livre:
  • Du même auteur:
    • Je me suis tue (<— chronique à retrouver ici)

lundi 11 février 2019

Les animaux fantastiques: vie & habitat (J.K Rowling)





Titre original: Fantastic Beasts and Where to Find Them
Traduction: Jean-François Ménard
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Editions Gallimard Jeunesse (11 Mai 2017)
144 pages
ISBN-10: 2075085153
ISBN-13: 978-2075085151
Genre: Fantasy
Lu le: 1er Février 2019
Ma note: 17/20



L’histoire:

            L'ouvrage du magizoologiste Norbert Dragonneau est aujourd'hui un grand classique de la bibliothèque de Poudlard. Cette édition exceptionnelle rassemble plus de quatre-vingts espèces, et révèle six animaux restés secrets depuis le voyage aux Etats-Unis de l'explorateur

Mon avis:

            Dans la collection « la bibliothèque de Poudlard », c’est le dernier livre qui me manquait et sûrement celui qui m’intéressait et me fascinait le plus, à savoir lire une encyclopédie sur les animaux fantastiques!! Ce petit livre m’a pleinement divertit et fascinée, le seul bémol est de ne pas avoir une vrai encyclopédie de 500 pages et de 5 kg minimum!!

Le livre est divisé en deux grandes parties majeures. La première consiste à nous expliquer le pourquoi de ce livre, ainsi que tout ce qui touche au sujet des animaux fantastiques de manière brève et générale. La deuxième se focalise sur les différents animaux en eux-même et prend la forme d’un dictionnaire. Chacun y est décrit et ça nous permet de les connaître plus en détails, certains bénéficiant d’une illustration, mais elles sont trop rares pour qu’on se fasse une idée précise de leurs aspects. Avoir un dessin de chacune des créatures aurait été pleinement apprécié pour vraiment se rendre compte de l’aspect de l’animal, car il est parfois difficile de se l’imaginer avec justesse!

C’est donc toujours un plaisir de se replonger dans cet univers et l’on devient magizoologiqte pour un temps afin d’étoffer nos connaissances sur ces animaux fantastiques que l’on a plus ou moins déjà rencontrés à travers toute la saga Harry Potter. Nous prenant ainsi plaisir (et nous nous sentons moins ignorants), lorsque nous reconnaissons certaines créatures qui peuplent le monde des sorciers, et nous apprenons certains choses lorsque nous découvrons de nouveaux animaux tout en se disant que cet univers est vraiment extraordinairement plus riche que ce que nous croyions, faisant en sorte de nous bluffer encore plus sur l’imagination et les réflexions de J.K Rowling sur l’intégralité de la saga! 

En bref:

            « Les animaux fantastiques: vie & habitat » est une nouvelle et très belle immersion dans le monde de Harry Potter. Le temps de cette lecture, on se prend pour une magizoologiste, on retourne dans l’extraordinaire univers créé par J.K. Rowling avec certaines créatures que nous connaissons tout en en découvrant d’autres qui nous sont inconnues et qui prouvent pleinement que cet univers et ce livre débordent d’imagination.

Autour du livre:
  • De la même collection:
    • Le quidditch à travers les âges (<— chronique à retrouver ici)
    •  Les contes de Beedle le Barde (<— chronique à retrouver ici)

jeudi 7 février 2019

Le nouveau (Tracy Chevalier)





Titre original: New boy
Traduction: David Fauquemberg
Nationalité de l’auteur: Américaine
Editions Phébus (7 Février 2019)
Collection Littérature Etrangère
224 pages
ISBN-10: 2752911637
ISBN-13: 978-2752911636
Genre: Contemporain
Lu le: 27 Janvier 2019
Ma note: 13/20



Résumé/4ème de couverture:

Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de sa classe, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais œil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.

Sémillante réécriture d’Othello dans une cour d’école de banlieue aux États-Unis, ce neuvième roman de l’auteure de La jeune fille à la perle dit à hauteur d’enfant la tragédie universelle du racisme et du harcèlement. Vertigineux et actuel.

Mon avis:

J’aime beaucoup Tracy Chevalier et sa manière d’écrire et d’aborder ses histoires. Pour moi, elle a une signature particulière, à savoir écrire des histoires romancées, en partant de faits ou d’évènements historiques qui ont réellement existés pour en faire quelque chose de vivant, d’attrayant et au goût du jour. Pour cela, elle a une plume caractéristique, qui est de décrire les choses de manière simple, belle, en choisissant les mots en qualité et en quantité juste, faisant en sorte que ces histoires sont faites pour êtres lues de manière à prendre son temps. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé toutes ces choses avec son nouveau roman « le nouveau », dont le sujet, la ségrégation raciale, était un bon point de départ, mais qui n’est même pas l’élément central de cette histoire.

Points de vue/Critiques:

            Le sujet de la ségrégation raciale comme il nous est présenté à la découverte de cette histoire est quelque peu trop poussé et trop accrocheur, car il n’est pour moi qu’un prétexte, une excuse. En effet, cette ségrégation raciale vient de Osei, qui est le petit nouveau de la classe et de l’école. De la part de ses camarades de classe, la découverte et les interrogations sur ce nouvel élève vont bon train. Certains sont hostiles, s’interrogent et sont plus en retrait par rapport à d’autres qui vont tout de suite lui ouvrir les bras et l’accueillir comme il se doit. Mais ces attitudes de la part de tous les autres élèves à l’égard d’Osei, vient-elle réellement du fait qu’il soit Noir ou du fait qu’il soit nouveau ? Car ces interrogations, ces méfiances et ces marques immédiates d’affection ne sont-elles pas monnaie courant dans toutes les écoles lorsqu’un nouvel élève arrive dans une classe ou une école déjà bien établie où tout le monde se connaît depuis plusieurs années, et cela quelque soit sa couleur de peau, sa provenance ou ses caractéristique physiques ??
Il est vrai que la méfiance et les réflexions au sujet de la couleur de peau d’Osei viennent également de la part de certains professeurs et dans ces cas-là, il est effectivement question de ségrégation raciale. Néanmoins, le regard étant majoritairement porté sur les enfants, la vision du clan professoral n’est pas central.
Pour la présentation de ce livre, on place également l’histoire au cœur des années 70. Or, tout comme le sujet de la ségrégation raciale, c’est un point qui n’est que peut mentionner. Hormis, la description de quelque jeans à pattes d’éléphant étoffés par des tissus colorés, il n’y a aucun autre indices temporels pour nous situer dans les années 70. Le récit aurait pu tout aussi bien se placer ailleurs dans le temps puisque cela n’a pas d’incidence sur l’histoire.

            L’histoire se passe dans une école primaire et de nombreuses choses m’ont étonné, voire choqué, puisqu’il y a parfois des faits discordants avec l’âge des enfants, alors qu’à d’autres moments on retrouve des attitudes typiques de ces âges. Par exemple, les enfants vont se demander entre eux d’être leur meilleur(e) ami(e) ou leur petit(e) ami(e), chose qui ne va durer que quelques jours, ils vont aller se bécoquer derrière un arbre, de référence, pour se cacher de tout le monde qui les observe et qui savent, ils s’échangent des affaires le temps d’une journée, les plus grands dénigrent les élèves des classes inférieurs à qui ils laissent le bas à sable etc…, autant de choses typiques et quotidiens d’enfants scolarisés en primaire. Mais à côté de cela, certains actes ou certaines paroles provenant de ces enfants ne collent pas du tout avec leur âge. Ainsi, leur préoccupation et leur passe-temps favori est de savoir avec qui est en couple avec qui, quelles stratégies ou quelle conséquence cela entraîne par rapport au groupe d’amis, ils vont même jusqu’à évoquer, parler, faire courir des rumeurs et se faire chanter à propos du fait « d’aller jusqu’au bout » et donc de coucher, sans oublier d’utiliser des termes comme « pute » ou « bite »… Ainsi, même si j’imagine que les enfants d’aujourd’hui sont plus précoces avant avec tout ce qu’ils peuvent voir, je suis assez choquée d’attribuer tout cela à des enfants de primaire !!! On a plutôt parfois l’impression d’avoir affaire à des jeunes adolescents, au collège. Je me demande alors dans ce cas, si cela n’est pas du à un problème de traduction et de transposition des classes entre le système scolaire américain et français.

De plus, ce court récit a cette impression que tout va vite. En effet, l’histoire et ses petits rebondissements structurels et relationnels entre les enfants ne dure qu’une seule journée… ! Autrement dit, à peine Osei est-il présenté à tout le monde, qu’il est déjà en couple à midi et détesté durant la récréation de l’après-midi.

En bref:

Autant comme j’apprécie beaucoup Tracy Chevalier pour sa plume descriptive à souhait mais juste, sans jamais nous lasser, faisant en sorte que l’on se délecte de ses histoires, qui mêle parfaitement la fiction à des faits historiques réels, autant pour son dernier opus « le nouveau », je n’ai malheureusement pas retrouvé ces caractéristiques. Les années 70 et le sujet de la ségrégation raciale vendus comme éléments phares du récit ne sont en fait qu’une façade et ne sont pas du tout exploités. Et le fait de retrouver des enfants de primaire aux faits et aux paroles inappropriées pour leur âge, apporte un sentiment de malaise, sans compter que tout va trop vite dans cette histoire qui se tient en une seule journée. Voilà donc autant de points qui décrédibilise cette histoire, dommage, ce n’est pas une réussite de l’autrice pour moi !

Autour du livre:

  • De la même autrice:
    • La jeune fille à la perle (<— chronique à retrouver ici)
    • Prodigieuses créatures (<— chronique à retrouver ici)

mercredi 6 février 2019

Territoires (Olivier Norek)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (8 Octobre 2015)
Collection Thriller
374 pages
ISBN-10: 226625278X
ISBN-13: 978-2266252782
Genre: Thriller
Lu le: 26 Janvier 2019
Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

            Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé... 
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles - loin d'être aussi fictives qu'on pourrait le croire - où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

Mon avis:

Je continue doucement mais sûrement ma découverte d’Olivier Norek avec le deuxième tome des aventures de Victor Coste. J’avais déjà aimé le premier tome, Code 93, et poursuivre dans cette voie avec « Territoires » est pour moi une valeur sûre, parfait pour un moment où j’avais envie de lire un policier/thriller assez vite. Pour beaucoup de personnes, « Territoires » est le tome préféré de la saga.  Pour ma part, il a parfaitement rempli sa fonction, il a répondu à mes attentes du moment, et je le place en étant ni moins bon, ni meilleur que « Code 93 ».

Points de vue/Critiques:

Avec « Territoires », on retrouve une nouvelle fois tous les codes particuliers du thriller à la sauce Olivier Norek. En effet, en plus de naviguer dans une histoire remplie d’adrénaline, nous plongeons également au cœur d’un milieu extrêmement réaliste. Et sans avoir une histoire hyper palpitante, gore ou glauque à souhait, nous avons tout de même ce sentiment de gêne et de malaise qui vient très certainement du fait que l’auteur n’a pas eu besoin de beaucoup inventé ses histoires dû fait de son métier de lieutenant de police du SDPJ 93…

Entre les nombreux personnages qui s’entrecroisent et qui s’allient ou se trahissent suivant les enjeux, les menaces, les règlements de compte, les explosions, la gestion et la politique des différents milieux : c’est autant d’éléments qui vont font naître une peur et une petite angoisse dés le début du livre et qui ne s’en ira qu’une fois le livre achevé !
Car cette escalade de la violence n’est pas là uniquement pour pimenter les choses non, puisque tous les éléments présents dans cette histoire sont ancrés dans le réalisme, que c’est aussi cela qui fait peur. En effet, la ville de Malceny est une véritable enclave qui obéit à ses propres règles. A travers différents points de vue qui rentrent en effervescence, que se soit celui de la police avec Victor Coste et sa brigade, de la politique avec la Maire ou de la rue avec le trafic de drogues nous suivons le quotidien d’une cité telle que Malceny en vivant à l’intérieur de celle-ci. Et dans cette description de ce monde particulier, tout n’est pas noir ou blanc, il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, le monde gris existe bel et bien. Car quand on vit ans une ville qui est aux mains des trafiquants de drogues, que les pouvoirs politiques sont eux-mêmes corrompus, que les rares associations ou aspects culturels ne sont qu’une façade, que les enfants de 13 ans sont livrés à eux-mêmes et deviennent des psychopathes et que même les personnes âgées sont pris dans cet engrenage, que peut-on faire ? Quelles sont les limites ? Où agir ? Telles sont les questions et les réflexions sur ces problématiques sociales actuelles qui sont soulevées.

Dans cette ville, tout n’est donc qu’une question de jeux et de pouvoir avec toutes les conséquences que cela peut entraîner : le pouvoir est amené par l’argent, qui est lui-même amené par la drogue qui amène le pouvoir etc. C’est donc le serpent qui se mord la queue et quand dans chaque clan, une personne veut ce pouvoir, la confrontation n’est que des plus imminentes !

En bref:

            Avec ce deuxième tome de la saga de Victor Coste, Olivier Norek nous offre une nouvelle fois un thriller rempli d’angoisse avec une histoire qui mêle à la fois les codes de la violence avec la réalité, ce qui renforce cet aspect de peur et d’addiction. Le fait de mêler plusieurs personnages venant de différents horizons mais qui sont les figures majeures dans la gestion d’une cité comme Malceny permet de ne pas avoir un tableau net et tranché de ces situations de banlieues et permet d’obtenir ainsi une bonne satyre sociale.

Autour du livre:

  • Tome 1: Code 93 (<— chronique à retrouver ici)

mardi 5 février 2019

Chambre 128 (Cathy Bonidan)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions de la Martinière (17 Janvier 2019)
288 pages
ISBN-10: 2732485845
ISBN-13: 978-2732485843
Genre: Contemporain
Lu le: 22 Janvier 2019
Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

            Qui n'a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau ? Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l'hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.
Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier. Retrouvera-t-elle son auteur ? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait...
Au point qu'Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d'amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille...

Mon avis:

            Je ne suis pas adepte des grands formats, la couverture n’est pas des plus jolies, je ne connais pas l’autrice, c’est une maison d’édition que je ne connais que de nom: autant d’éléments qui malheureusement ne sont pas vraiment engageant avant de commencer une lecture. Heureusement qu’il était question de roman épistolaire, genre que j’aime beaucoup, car sinon ce livre aurait pu rester un moment dans ma Pal, et je l’aurais regretterai très fortement le jour où le j’aurais sorti et lu, car oui, voilà le premier petit coup de coeur de l’année! 

C’est réellement un roman épistolaire que j’ai fortement apprécié, l’histoire est savamment construite pour faire en sorte que l’on comprenne tout, que l’histoire avance dans le temps et cela avec de nombreux personnages, uniquement en se parlant à travers des lettres, exercice qui ne doit pas être facile! L’histoire est en plus belle, touchante et réserve de belles surprises lorsque l’on s’approche de la fin.

Points de vue/Critiques:

            Lire une histoire écrite seulement à travers des lettres que s’échangent de personnages est quelque chose de très plaisant à lire, je trouve, et surtout, c’est une stratégie très entrainante. Et quand en plus, dans l’histoire s’insère un petit mystère, c’est encore plus prenant! 
Or le problème que l’on peut parfois avoir avec ce genre de roman, c’est justement de passer à côté de l’histoire en elle-même, puisque l’absence d’une narration peur faire en sorte que le lecteur ne comprenne pas certains éléments et que l’histoire ne devienne pas claire et limpide, avec toujours cette sensation de manquer d’informations. L’exercice n’est donc pas simple. 

Mais ici, aucune inquiétude à avoir sur cet aspect. En effet, on a de nombreux personnages qui viennent se greffer dans l’échange originel de lettres entre Anne-Lise et Sylvestre et puisque chacun y met de sa patte pour résoudre le mystère qui s’insert dans l’histoire, ils vont assez souvent refaire le point ou apporter les informations manquantes à leur destinataire, nous informant par la même occasion de se qui s’est passé en « off », choses qui auraient été dites en narration. Et comme en plus, pour résoudre le mystère de ce livre, les personnages doivent remonter dans le temps pour connaître les propriétaires successifs du livre de Sylvestre, il y a de quoi s’y perdre. Autant d’éléments divers et variés qui font en sorte d’avoir une histoire prenante et très compréhensible.

Au fur et à mesure que l’on découvre des indices et que l’on remonte progressivement dans la succession des propriétaires du livre de Sylvestre, on send que la résolution finale du mystère s’approche. Et j’étais tellement déjà enchantée par cette histoire que j’espérais que le final serait l’apothéose et j’attendais donc beaucoup de la fin tout en redoutant un effet soufflet. Heureusement, ce ne fut pas le cas, puisque j’ai été agréablement surprise: sans être une fin grandiose qui n’aurait pas été crédible, elle reste tendre, belle, inattendue et en même temps presque logique!

En bref:


            « Chambre 128 » est un roman épistolaire qui fut une très agréable lecture. Le genre, pas facile à maîtriser, l’est parfaitement, d’autant plus que l’histoire implique bien plus qu'un simple échange de lettres puisqu’un petit mystère et une petite enquête va en découler, sans compter que les personnages qui vont s’impliquer dedans sont assez nombreux! Pas évident donc de concilier tout ceci pour construire une histoire qui tient la route et pourtant l’objectif est largement atteint puisque le récit est vraiment prenant, divertissant et qu’il tient tout ses promesses jusqu’à la fin offre quelque chose d’aussi beau qu’inattendu mais logique!