Traduction : Agnès Jaubert
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Éditions Hauteville (5 Février 2025)
407 pages
ISBN-10: 2381229957
ISBN-13: 978-2381229959
Genre: Historique
Lu le: 28 Février 2025
Ma note: 14/20
Résumé/4ème de couverture:
Dans la Rome
du XVIIe siècle, les hommes tombent comme des mouches sans que nul ne puisse
l’expliquer. Caché dans les ruelles et les ténèbres de la Ville éternelle vit
un mystérieux cercle d’empoisonneuses qui œuvrent derrière la façade d’une
boutique d’apothicaire. Depuis son enfance à Palerme, Giulia consacre sa vie à
aider les femmes brisées, brutalisées. Tantôt guérisseuse, avorteuse ou
empoisonneuse selon les jours. Quelques gouttes mortelles d’un poison
indétectable lui ont permis de faire un millier de victimes, tous des hommes.
Mais avec un pape nouvellement élu, déterminé à chasser les hérétiques et les
sorcières, jamais Giulia n’a couru plus grand danger – et les femmes qu’elle a
prises sous son aile.
Mon avis:
J'étais ravie d'avoir l'occasion de découvrir ce livre inspirée d'une histoire vraie, celle de Giulia Tofana, une femme italienne du 17ème siècle, qui a été célèbre et condamnée à mort pour avoir créer un poison qui a tué des centaines d'hommes. Ce roman historique nous plonge dans cette Italie gangrénée par la peste et où la société est entièrement régie par l'Eglise qui détient le pouvoir. L'histoire retrace ainsi cet aspect politique, sociétale et religieuse de l'Italie lorsque l'on suit notamment les chapitres concernant le Pape. Mais cette histoire, c'est avant tout l'histoire des femmes et de celle de Giulia, qui permet de mettre en lumière son destin tragique qui reflète la condition féminine de l'époque où les femmes sont les victimes et où les hommes détiennent le pouvoir. Le parcours de ces femmes subordonnées et totalement prisonnières du pouvoir des hommes est assez intéressant. Néanmoins, le roman souffre de beaucoup de désagréments. Après une première partie assez captivante, tout le reste du roman s'essouffle rapidement avec une redondance des crimes commis qui ne sont pas suffisamment "pimpés" et qui finissent par lasser et ennuyer. Il est également difficile de ressentir une certaines empathie pour les personnages, même pour Giulia et sa fille donc c'est un roman prometteur et intéressant mais pas très bien exploité pour rendre le tout vraiment exaltant et accrocheur.
Merci aux éditions Hauteville pour cet envoi!
Points de vue/Critiques:
Cette histoire de fiction reprend le destin tragique de Giulia Tofana, qui a réellement existé au 17ème siècle, en Italie et qui est connue pour avoir été une célèbre empoisonneuse et qui a été condamnée à mort pour avoir ainsi tuer des centaines d'hommes. Giulia, de part sa qualité de femme mais aussi de part son savoir pour maîtriser les différentes plantes et décoctions est le reflet que la société de l'époque se fait des femmes. Celles-ci sont clairement cantonnées au rang de subordonnées et de servantes, à devoir obéir au doigt et à l'œil des hommes, qui détiennent le pouvoir. Les femmes sont ainsi quasiment toutes victimes de violences, d'injustices et de soumissions forcées. Une femme comme Giulia, intelligente, forte, déterminée et émancipée est alors immédiatement cataloguée comme paria, putain, sorcière et empoisonneuse. Et en effet, celle-ci va se venger des hommes et aider toutes les femmes qui vont lui demander de l'aide en confectionnant et en leur donnant de "l'acqua", un poison incolore et inodore dont quelques gouttes suffisent pour délivrer une femme d'un mari violent ou infidèle, en faisant croire à une mort naturelle. Aidée par quelques autres femmes et sa fille, Giulia va voir sa côte de popularité explosée auprès des femmes de la ville, jusqu'à ce qu'autant de morts d'hommes deviennent suspectes...
La vie de Giulia est assez intéressante à suivre, notamment dans une première partie qui permet de découvrir son enfance et de comprendre d'où lui viendront ses racines d'empoisonneuse et sa volonté d'aider les autres femmes face au patriarcat. Mais dés lors que le roman aborde la vie adulte et d'empoisonneuse de Giulia, l'histoire finit par devenir très vite lassante. En effet, on assiste à un enchainement de demande de femmes, d'hésitations et de peur de la part de Giulia et de son entourage qui vivent constamment dans un climat de peur et de dénonciations, puis de la mort finale de l'homme ciblé. Face à l'image et au rôle des femmes de l'époque, de tels agissements permettent de se poser la question sur ces empoisonneuses : sont-elles sorcières, justicières ou meurtrières? Si cette interrogation majeure que l'on peut ressortir de cette histoire est pertinente, c'est le seul gros point positif que je ressortirai du roman. En effet, je me suis très rapidement désintéressée de ce livre pour différentes raisons.
Tout d'abord, les différents forfaits s'enchaînent sans qu'il y ait de différences ou de choses faisant en sorte de rendre cela un peu plus dynamique, avec un enjeu ou un certain suspense. Tout s'effectue de manière linéaire et plate et cette redondance de ces actes criminels essouffle considérablement le roman. Ensuite, je n'ai pas ressenti d'affection ou d'émotions particulières pour Giulia et son cercle restreint d'empoisonneuse, si ce n'est de l'antipathie pour sa fille. Enfin, le roman est entrecoupé de chapitres qui sont les réflexions du pape. Si cet aspect permet d'avoir la vision des hommes et de l'Eglise, qui détiennent tout le pouvoir et qui contrôle toute la société italienne de l'époque, il n'apporte finalement pas grand chose de plus au récit. En manquant de dynamisme et d'enjeu puisque l'on connaît la finalité de l'histoire, je n'ai pas trouvé ce livre très palpitant.
En bref:
Cette histoire de fiction reprend le destin tragique et véridique de Giulia Tofana, connue et condamnée à mort pour avoir été une célèbre empoisonneuse, en Italie au 17ème siècle. Dans cette société entièrement régie par l'Eglise et par les hommes qui détient le pouvoir, Giulia détonne par son intelligente, sa force, sa détermination et son émancipation. Elle mène alors un combat pour la liberté et pour les femmes cantonnées au rang de subordonnées et de servantes en leur offrant un poison leur permettant de se délivrer d'un mari violent ou infidèle. L'interrogation du rôle de ces empoisonneuse face au patriarcat de l'époque en tant que sorcières, justicières ou meurtrières est très intéressant. Malheureusement, hormis cette réflexion majeure, je suis passée à côté du récit qui m'a de plus en plus ennuyée. Le roman s'essouffle rapidement de part la redondance des crimes commis qui s'enchaînent et pour lesquels il n'y a aucun enjeu, dynamisme ou suspense et qui deviennent lassants. Il est également difficile de ressentir une certaines empathie pour les personnages, même pour Giulia et sa fille donc c'est un roman prometteur et intéressant mais pas très bien exploité pour rendre le tout vraiment exaltant et palpitant.