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lundi 30 novembre 2020

Prendre un enfant par la main (François-Xavier Dillard)




Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Belfond (1er Octobre 2020) 
336 pages
ISBN-13: 978-2714482013 
Genre: Thriller
Lu le: 9 Novembre 2020
Ma note: 17/20 



Résumé/4ème de couverture:

Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.

Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.

Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l’indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

Prends ma main, mon cœur. Ne la lâche pas, quoi qu’il arrive. Serre-la fort !

Mon avis:

            Je n'avais encore jamais découvert l'auteur, même si je savais qu'il faisait partie de la sphère française du thriller. Avec "Prendre un enfant par la main", un très joli titre qui vous donne un certain air en tête, j'ai eu une excellente lecture: impossible à lâcher, cette histoire nous englobe dans les méandres des relations humaines et dans les tréfonds de la confiance. Avec des personnages que l'on arrive pas à cerner profondément, le récit nous malmène entre interrogations, suspicions et incompréhensions. François-Xavier Dillard signe un très bon thriller, et j'ai hâte de continuer à découvrir cet auteur.

Points de vue/Critiques:

        Après le prologue qui nous raconte comment Clémentine, la fille de Marc et Sarah a disparu en mer, à bord du voilier familial, lors d'une tempête, on retrouve la famille quelque années plus tard, qui tente de continuer à vivre. On suivra également la fille des nouvelles voisines de la famille, Gabrielle, une adolescente dans la fleur de l'âge, avec ses hauts et ses bas. Et enfin, nous aurons de temps en temps un petit retour dans le passé, pour apprendre à connaître un pan de la vie d'une femme, mystérieuse et inconnue au début, jusqu'à ce que l'on comprenne qui elle est et quel est le lien avec l'histoire actuelle. Quelque soit le personnage que l'on suit, on est immédiatement en immersion tendue dans le récit étant donné que dés le début, nous sentons un climat malsain, où les soupçons sont nombreux et deviennent de plus en plus constant. Ainsi, pour tous les personnages que l'on rencontre, on apprend à leur connaitre, à les apprécier, à les cerner... mais pas totalement. Il y aura toujours cette part d'ombre et de déviance constance instaurée par l'ambiance générale de l'histoire qui fait que nous sommes constamment sur nos gardes au cours de la lecture. 

            La palette et la justesse des émotions nous font voyager à l'intérieur d'un véritable ascenseur. Sarah, la mère de famille, oscille sans cesse entre espoir et regain d'intérêt face à la vie grâce à la jeune Gabrielle, et abattement, confusion et tristesse. Malgré ces changements d'états d'âmes, on ne peut que comprendre parfaitement chacune de ses phases émotionnelles. Le soutien de son mari est d'ailleurs remarquable en dépit de ses larges incartades. Quand au jeune fils de la famille, même si on ne le voit pas souvent, son désarroi face à la quasi-indifférence de sa mère qui n'arrive pas du tout à se raccrocher un tant soit peu à l'enfant qui lui reste, et son appel à être aimer et considérer sont terriblement touchants et déchirants. Quand à Gabrielle, elle nous montre que même avec une vie normale, équilibrée, dans laquelle elle a tout pour être heureuse, une adolescente peut vite sombrer pour un quasi rien. Avec la jeune fille, l'auteur pointe du doigt la jeunesse dorée parisienne, où l'argent sans faille des parents est là pour ternir la vie de leurs adolescents et en aucun cas pour remplacer l'absence parentale. 

                Les personnages féminins ont donc leur part de noblesse dans ce livre et c'est avant tout l'instinct maternel qui rejaillit. Quelque soit la structure familiale, le passé et les agissements, une mère reste et restera envers et contre une mère pour ses enfants. Vu la tenue des évènements et la construction du roman avec les différents points de vue, j'ai progressivement vue venir la fin de l'histoire... mais c'était sans compter les toutes dernières pages qui ont eu le privilège de me fournir l'étonnement, la cerise sur le gâteau et le revirement parfait pour laisser une très forte empreinte en mémoire.

En bref:

             Pour mon premier roman de François-Xavier, j'ai passé un excellent et surprenant moment de lecture. Dans ce thriller psychologique et domestique, nous sommes embarqués dés le début dans une ambiance malsaine et pesante qu'il est impossible de lâcher. Avec des personnages qui montrent une large palette d'émotions décrites et analysées avec justesse, on oscille sans cesse entre les zones d'ombres, la méfiance et les soupçons. Avec son doux titre, "Prendre un enfant par la main", l'auteur met en avant les personnages féminins et plus particulièrement les mères et leur instinct maternel qui peut aller jusqu'à l'obsession, la destruction émotionnelle et l'espoir de rédemption. Les différents indices semés tout le long du récit nous emmène vers un final attendu... ou presque puisque les dernières pages fournissent le retournement de situation qui apporte la sidération et le cerise sur le gâteau.

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