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mercredi 23 septembre 2020

La bibliothécaire d'Auschwitz (Antonio G.Iturbe)





Titre original: La bibliotecaria de Auschwitz
Traduction: Myriam Chirousse
Nationalité de l’auteur: Espagnole
Editions Flammarion (10 Juin 2020)
504 pages
ISBN-10: 2756429775
ISBN-13: 978-2756429779
Genre: Historique
Lu le: 27 Août 2020
Ma note: 16/20



Résumé/4ème de couverture:

A quatorze ans, Dita est une des nombreuses victimes du régime nazi. Avec ses parents, elle est arrachée au ghetto de Terezín, à Prague, pour être enfermée dans le camp d'Auschwitz. Là, elle tente malgré l'horreur de trouver un semblant de normalité. Quand Fredy Hirsch, un éducateur juif, lui propose de conserver les huit précieux volumes que les prisonniers ont réussi à dissimuler aux gardiens du camp, elle accepte. Au péril de sa vie, Dita cache et protège un trésor. Elle devient la bibliothécaire d'Auschwitz.

Mon avis:

            Même si le sujet de la Seconde Guerre Mondiale revient assez souvent en littérature et qu’elle permet d’alimenter notre devoir de mémoire, on pense presque tout connaître ou au moins beaucoup de choses sur cette période de l’histoire. Et pourtant…! Sait-on qu’il y avait un camp des familles à Auschwitz, préservé un temps de l’extermination, ainsi qu’une véritable bibliothèque? C’est ce qu’on apprend avec « La bibliothécaire d’Auschwitz », un roman très dense et bien documenté, qui nous entraine une nouvelle fois dans un horreur poignant et difficile à suivre.

Points de vue/Critiques:

            Dans cette histoire, nous allons suivre la vie et le quotidien de déportée de la jeune Dita présente au camp d’Auschwitz avec sa famille. Mais cette histoire n’est pas une dystopie ni même un roman comme un autre. En effet, l’auteur retranscrit ce qu’a vécu Dita, Dita Polachova de son vrai nom, qui est encore en vie et avec qui l’auteur s’est longtemps entretenu pour écrire son histoire. On a donc un roman où souffle continuellement un véritable air de vérité tout le long de la lecture.

            Dans le camp d’Auschwitz, Dita y a été déporté avec son père et sa mère et ont fait partis des « chanceux » puisqu’ils ont été choisit parmi des centaines d’autres prisonniers pour prendre part à une expérience (malgré eux): celui du camp familial. En effet, une partie du camp d’Auschwitz regroupait des bâtiments dans lesquels des familles entières étaient parqués. Ces individus avaient un sursis de 6 mois puisqu’ils constituaient une sorte de vitrine aux organisations humanitaires européennes susceptibles de venir visiter Auschwitz afin de s’assurer que les personnes étaient bien traitées dans ces « camps de regroupement » comme le disait officiellement la propagande nazie… 
La mention et la description de ce camp familial à Auschwitz est la première chose que l’on apprend en lisant ce roman. Mais si tous les membres d’une famille vivaient ensemble dans ce regroupement, les conditions de vie étaient tout aussi inhumaines: ration alimentaire, travail forcé, surpopulation, surveillance continuelle, barbelé, maladies et épidémies, menaces et dictature. Avec de multiples descriptions, on a l’impression de vivre dans l’horreur quotidienne de Dita et l’on passe par tout autant d’émotions en côtoyant l’horreur, l’impuissance, les trahisons.

            Mais l’espoir et la solidarité sont également présents. Et c’est à travers les livres que cette étincelle va briller puisque huit livres ont échappé à la destruction et vont ainsi constituer la bibliothèque du camp. C’est Dita qui sera chargée de véhiculé et entretenir secrètement cette seule et unique petite distraction et moyen d’apprentissage. De ces livres découlera une école, des lectures orales, des conteurs d’histoires… L’existence de cette bibliothèque est la deuxième chose de l’on apprend avec ce roman.

            Tout le roman est très documenté et foisonne de descriptions. On a donc un livre très dense et cette densité associée aux différentes et régulières horreurs décrites, font en sorte qu’il est difficile d’avoir une lecture aisée et fluide. L’histoire est rythmée par les différentes problématiques rencontrées dans le camp par les différents personnages et par les souvenirs de Dita, de sa vie d’avant Auschwitz, qui resurgissent deci delà. 

            Les notes de fin de livre de l’auteur sont tout aussi poignantes et nous permettent de continuer d’avoir ce petit lien d’attachement avec tous les personnages, puisqu’un petit mot résume ce qu’à été leur vie au camp et ce qu’ils sont devenus. 

En bref:

            « La bibliothécaire d’Auschwitz » va au-delà du roman en s’inscrivant dans une optique de mettre en lumière la vie de la jeune Dita, ainsi que certains aspects méconnus du camp d’Auschwitz. En effet, l’auteur a retranscrit tout ce qu’a vécu Dita, Dita Polachova de son vrai nom, qui est encore en vie et avec qui l’auteur s’est longtemps entretenu pour écrire son histoire. On a donc un roman où souffle continuellement un véritable air de vérité tout le long de la lecture. A travers cette histoire, on apprend ainsi l’existence d’un camp familial à Auschwitz, une sorte de vitrine extérieure temporaire et d’une bibliothèque avec les quelques livres échappées de la destruction. C’est Dita qui sera la penseuse de ces livres qui constitueront une base à la solidarité, à l’évasion et à l’apprentissage dans ce quotidien horrible et inhumain. Un livre à fois informatif et témoignant qui renforce encore plus notre devoir de mémoire.

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