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mardi 18 août 2020

Les murmures du lac (Karine Lebert)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Presses de la Cité (12 Mars 2020)
Collection Terres de France
345 pages
ISBN-10: 2258147190
ISBN-13: 978-2258147195
Genre: Thriller
Lu le: 27 Juillet 2020
Ma note: 16/20



Résumé/4ème de couverture:

20 ans après son départ soudain, Isaure est de retour en Vendée. Mais au moment de retrouver sa sœur jumelle Lucille, elle assiste impuissante à l’accident de moto qui propulse celle-ci dans le lac du Jaunay. Incapable de la sauver, Isaure prend une folle décision : prendre la place de sa sœur, le temps de récupérer sa fortune. Mais une surprise attend Isaure dans la demeure familiale de l’île d’Yeu : Lucille laisse derrière elle Noé, un nourrisson…
Malgré la crainte d’être à tout moment démasquée, Isaure se fond dans la vie de sa jumelle. Le destin n’a pas toujours été tendre avec elle, lui offrirait-il une seconde chance ?

Mon avis:

            Après avoir découvert l’autrice avec sa saga « Les amants de l’été 44/Pour l’amour de Lauren », je continue ma découverte avec un tout autre registre, et une autre région, puisque « Les murmures du lac » nous entraine sur la côte Atlantique dans un univers oscillant plutôt vers le thriller psychologique et le suspense. J’ai aimé retrouver cette plume qui fait que les actions arrivent rapidement et s’enchaînent, en allant à l’essentiel, sans que l’on tartine des pages et des pages pour arriver à ses fins. Dans cette histoire prenante, l’autrice offre un regard totalement différent de ce que l’on pense sur la gémellité. Et la fin savamment dosée répond aux questions tout en n’étant pas flamboyante et déraisonnable, une ingénieuse manière de conclure le récit.

Points de vue/Critiques:

            Si on retrouve assez souvent le thème de la gémellité dans les livres, notamment dans les thrillers où il y a matière de faire quelque chose de surprenant (mais peut-être pas de façon pérenne), Karine Lebert a su aborder un autre aspect de ce thème. En effet, Lucille et Isaure sont jumelles, mais elles ne sont pas les sœurs identiques et fusionnelles à laquelle on pourrait s’attendre. Si elles sont aussi bien identiques physiquement, elles sont surtout aussi différentes l’une que l’autre dans leur caractère, dans leur façon d’être, de penser et dans leurs agissements. Ainsi, quand Isaure assiste à l’accident et la disparition de sa sœur, on se demande comment et surtout pourquoi, elle a automatiquement le réflexe de se dire qu’elle va prendre la place de Lucille. Difficile d’imaginer cette folle décision surtout qu’il y a un bébé en jeu, qu’il y a les amis de Lucille à berner et à qui il faut mentir constamment et être continuellement sur ses gardes. Et quand on apprend que cette usurpation d’identité d’Isaure est momentanée et motivée uniquement pour faire main basse sur la fortune de Lucille, on se pose des questions et Isaure nous paraît tout de suite assez vile.

            L’autrice va alors quelque fois remonter dans le passé pour nous raconter des éléments de l’enfance et de l’adolescence de Lucille et d’Isaure afin de mieux bercer leur personnalité, et surtout pour mieux comprendre d’où peut venir leurs différences et leur dédain et indifférence l’une envers l’autre. C’est une très étrange relation qui « unit » les deux sœurs et qui remonte à loin. C’est à travers ces découvertes que s’installe un premier élément de suspense, qui plonge finalement l’histoire dans une ambiance assez noire et vraiment malsaine. Avec cette base relationnelle très houleuse et douteuse, vient le second élément de suspense, à savoir l’accident de Lucille : véritable accident ? manipulation ? suicide ? ou meurtre … ? On se sait pas vraiment ce qu’il s’est passé, et même si Isaure à essayer de sauver sa sœur, ne serait-elle pas impliquée d’une manière ou d’une autre ?

            Si les actions de ce récit ne sont pas trépidantes et successives, on retrouve surtout une grande et étonnante complexité au niveau de la psychologie et de la personnalité des jumelles et c’est précisément cela qui apporte le suspense qui tient en haleine tout le long du récit. On pourrait ainsi normalement détester ou au minimum avoir des réticences pour le personnage de Isaure pour son acte répréhensible. Néanmoins, en découvrant le passé des sœurs, on se rend compte que le destin n’a jamais été tendre avec elle et qu’elle a peut-être tout simplement pris la deuxième chance qu’on lui offrait dans la disparation de Lucille. On éprouve ainsi de la sympathie pour elle, on s’y attache et on ne le juge pas aussi facilement qu’au début en dépit de ce qu’elle a pu faire.

            La fin de cette histoire m’a parfaitement convenu. Si certains pourrait déplorer un dénouement un peu trop timoré ou trop convenu, j’ai justement trouvé cette apparente tiédeur tout à fait juste puisque quelque chose de beaucoup plus surprenant, inattendu ou flamboyant n’aurait pas été crédible et en accord avec tout le récit précédent.

En bref:

            À partir d’un thème assez éculé dans les thrillers qu’est la gémellité, Karine Lebert est parvenue à tisser dans « Les murmures du lac » une intrigue d’une étonnante complexité, englobé dans une ambiance pesante et dont le suspense tient en haleine jusqu’aux dernières pages. En effet, cette histoire de sœurs jumelles se retrouve être bien plus troublante et ambiguë qu’il n’y paraît grâce au développement de la psychologie, radicalement opposé, de chacune d’elles. Ainsi, le côté romanesque et poignant fait que l’on éprouve de la sympathie pour Isaure en dépit son acte répréhensible. Sans péripéties trépidantes et excessives mais avec son joli pouvoir de conteuse, l’autrice nous emmène donc dans une histoire prenante, dont la fin égale tout le récit puisque le dénouement quelque peu convenu m’a totalement charmé et apporté la touche finale idéale et juste.

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