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mardi 9 juin 2020

La femme au manteau violet (Clarisse Sabard)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Charleston (17 Mars 2020)
365 pages
ISBN-10: 2368125078
ISBN-13: 978-2368125076
Genre: Contemporain
Lu le: 24 Mai 2020
Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

2018. La vie de Jo vole en éclats suite à ce qui ne semblait être qu'un banal accident sans gravité ; pourtant, un scanner révèle qu'un anévrisme risque de se rompre à tout moment. Le neurologue lui laisse le choix : elle peut être opérée, mais les risques sont importants. Persuadée qu'elle va mourir, Jo se réfugie chez Victor, son grand-père. Ce dernier va lui montrer un pendentif qu'il a reçu d'Angleterre quelques années plus tôt, avec pour seule explication ce mot griffonné sur une feuille : « De la part de Charlotte, qui n'a jamais oublié Gabriel. Ce souvenir vous revient de droit. » Victor lui révèle que Gabriel était son frère aîné, décédé lorsqu'il était enfant. Jo décide de se rendre à Ilfracombe, dans le Devonshire, afin d’aider son grand-père à résoudre ce mystère, et surtout, de réfléchir à la décision qu'elle doit prendre... 

1929. Charlotte et son mari, Émile, quittent leur vignoble d’Épernay pour un voyage d'affaires à New York. Sur place, la jeune femme s'éprend de Ryan, un mystérieux homme d’affaires. Lorsqu'il se rend compte de cette trahison, Émile entre dans une rage folle, la frappe et la laisse pour morte. À son réveil, Charlotte se rend compte que son mari est parti ; pire, il lui a pris tous ses papiers. Elle est effondrée : son fils de quatre mois, Gabriel, est resté en France, et sans papiers, elle ne peut pas le rejoindre.


Mon avis:

            Jusqu’à maintenant, les deux livres de Clarisse Sabard ne m’ont pas vraiment convaincu, au point même de m’énerver et donc d’abandonner toute nouvelle tentative avec cette autrice. Mais devant les très belles notes du dernier opus « La femme au manteau violet » et parce qu’il est arrivé chez moi, je me suis dit que j’allais accorder une dernière chance sur ce livre. Et j’ai bien fait, car je me suis régalée avec ce récit que j’ai dévoré très rapidement. Une histoire belle, douce et surtout sensée et ancrée dans le réalisme qui m’a fait passé un très bon moment. Enfin un roman sans anicroches et mature de la part de l’autrice.

Points de vue/Critiques:

            Le récit nous fait voyager entre deux époques sur deux continents: une période contemporaine en 2018 qui se passe en Angleterre et une période plus ancienne durant la fin des années, aux Etats-Unis. Je ne saurais dire quelle époque j’ai préféré puisque les personnages sont différents, les valeurs inculquées différent et que le récit est à chaque fois passionnant. 
En entamant ce livre, on sait clairement que l’on aura affaire à une histoire de famille et ses secrets. Parce que ce thème est très courant et que les possibilités sont assez limitées et facilement devinables au bout d’un moment, on peut se dire que l’on partira ici sur les mêmes bases et que l’on passera au mieux un bon moment, mais qu'on ne sera pas forcément surpris. Or, contre toute attente, dés le début du livre, lorsque l’on pose les bases de l’histoire avec la vie actuelle de Jo, Clarisse Sabard construit son récit de manière surprenante. En effet, le secret de famille est clairement dévoilé. Ainsi, sans nous prendre pour des ignorants ou nous mener en bateau sur quelque chose de facilement devinable qui nous fait traîner en longueur et maintenir un faux suspense, les choses sont dites et l’on prend ensuite plaisir à découvrir à remonter dans le passé ter découvrir comment on en est arrivé là. Mais bien sûr, tout n’est pas dévoilé…. Car le lien entre le grand-père de Jo et l’histoire de Charlotte n’est pas tout à fait clair et c’est ce maillon manquant de la chaîne que l’on finira par découvrir à la fin du livre.

            J’ai beaucoup aimé découvrir la vie de Charlotte qui incarne parfaitement la femme forte. Si au départ, elle est une femme lambda des années 30 qui suit et est dévouée à son mari, elle va devoir faire face aux conséquences de son émancipation. Elle se retrouve piégée à New York, seule, abandonnée par son époux, sans papiers, sans argent. Elle va devoir alors être forte et se battre afin de retrouver une identité, une vie et la liberté. Et même lorsqu’elle retrouve une certaine émancipation, les malheurs continuent de la suivre. Et toujours elle se relève… C’est une femme qui sait faire également les bons choix et qui perd à jour la nature humaine puisque les amis qui l’entoure sont de véritables belles personnes qui formeront sa propre famille. En suivant cette époque, cela nous permet de plonger dans la période de la prohibition américaine et tous les événements qui y sont liés, qui ont été très intéressants à découvrir de manière presque intimiste avec Charlotte. On assiste également aux conséquences du krach boursier de 1929, à la fuite d’États américains encore ségrégationnistes, au racisme, aux inégalités ou encore à la construction de l’Empire State Building. Une super immersion dans une partie de l’histoire des Etats-Unis.


Jo, que l’on retrouve peut-être un peu moins souvent et qui se dévoile un peu moins, est un personnage plus lisse, pas désagréable mais auquel je ne me suis pas attachée. La découverte de sa maladie et la « terrible » décision qu’elle doit prendre est un point de départ pour entreprendre ses recherches personnelles familiales. C’est plus une sorte d’excuse pour moi: il n’est pas nécessaire d’avoir un évènement dramatique pour justifier l’entreprise de Jo.

Si Clarisse Sabard m’a habitué à des histoires romantiques et romanesques qui tendent vers le côté fleur bleue et qui vous font lever les yeux au ciel, ici il n’en est rien. Tout m’a paru extrêmement posé, mature et réaliste. Pas de chipotis, pas de gnangnans, et c’est le tiercé (enfin) gagnant! Ainsi, je me suis laissée très facilement entrainer avec plaisir dans toute l’histoire qui m’a passionné. 

En bref:

            Avec « La femme au manteau violet », je trouve enfin un récit passionnant et entrainant de Clarisse Sabard, sans qu’il y est la moindre anicroche. On alterne d’ors et déjà entre passé (les années 30 aux Etats-Unis) et présent (2018, en Angleterre), ce qui créée une dynamique parfaite. On a donc une histoire d’amour et d’amitié qui met en avant la force des relations humaines mais aussi des femmes à des époques différentes. Le fait de dévoiler une grande partie du secret familial dés le début est risqué mais fonctionne parfaitement: nous ne sommes pas menés en bateau du début à la fin et l’on prend finalement plaisir à découvrir les successions d’évènements qui ont menés à ce que la vie de Jo redescende de celle de Charlotte. Un petit mystère reste tout de même présent pour nous tenir en haleine. La construction du livre et son mystère sont donc parfaitement maitrisés, tout comme l’écriture, plus réaliste et mature. C’est donc une très bonne lecture passionnante!

2 commentaires:

  1. Tu as essayé de lire lesquels de Clarisse Sabard ? j'ai lu La plage de la mariée et Les lettres de Rose. J'ai détesté La plage de la mariée que j'ai trouvé mièvre, convenu et dont l'héroïne m'a vraiment agacée. Par contre j'ai adoré Les lettres de Rose : bien écrit, une histoire originale, des personnages attachants et intéressants. Si tu ne l'as pas lu peut-être qu'il te plaira.

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    1. J'avais lu "le jardin de l'oubli" (pas mal, mais tellement attendu) et "ceux qui voulaient voir la mer" que je n'ai pas du tout aimé (qui m'a même énervé). J'ai "Les lettres de Rose" dans ma pal, et on me l'a plusieurs fois conseillé puisqu'apparement il n'est pas mièvre. On verra! ;)

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