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jeudi 21 mai 2020

Les fauves (Ingrid Desjours)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (13 octobre 2016)
Collection Thriller
448 pages
ISBN-10: 2266268988
ISBN-13: 978-2266268981
Genre: Thriller
Lu le: 6 Mai 2020
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

« Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! » À la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'État islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsqu'elle engage Lars comme garde du corps, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ? Serait-ce la mission de trop pour cet ancien otage des talibans ?
Dans cet univers ou règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

Mon avis:

            Voilà un thriller qui commençait vraiment à prendre la poussière dans ma PAL, le gardant sûrement comme valeur sûre puisqu’il s’agit d’Ingrid Desjours, mais aussi parce que ce livre traite d’un sujet qui a fait l’actualité il y a quelque temps et que je n’avais pas envie alors de m’y plonger encore plus dans un livre. L’autrice parle en effet de ces jeunes gens qui se font endoctriner et recruter par l’état islamique afin de faire le djihad. Pour étayer ce sujet, elle développe les personnes qui essayent de sauver ces jeunes endoctrinés et celles qui les condamnent d’office. Quoiqu’il en soit, sans rentrer dans la politique, on a ici un récit très dur en ce qui concerne les horreurs physiques et psychologiques. Tout est poussé très loin. Une lecture coup de poing, intéressante, presque dérangeante, bref c’est réussi!

Points de vue/Critiques:

            Avec un sujet d’actualité brûlant, Ingrid Desjours nous présente deux personnages principaux assez particuliers, deux écorchés de la vie. Nous suivons d’abord Haïko, une jeune journaliste aisée qui est à la tête d’une ONG visant à lutter contre le recrutement des jeunes par l’Etat islamique. Pour son combat et pour arriver à ses fins, la jeune femme y met toute sa personne, une réelle dévotion qui interroge tant elle prend des risques au point de flirter avec l’illégalité, au point qu’elle nous fait douter de ses agissements. Pour la protéger, elle emploie Lars, un militaire qui revient tout juste d’Afghanistan, ramenant avec lui de terribles souvenirs, déclenchant toutes sortes de troubles du comportement. Ces deux individus vont avoir une connexion spéciale, entre protégée et garde du corps, entre relation professionnelle et relation plus intimiste et entre méfiance et attirance. Lars et Haïko sont donc des personnages très complexes et leur psychologie est poussée à l’extrême. A tel point, qu’en tant que lecteur, nous n’arrivons pas vraiment à les cerner, à leur faire confiance ou non, on oscille sans cesse dans nos idées vis à vis d’eux. Aucun attachement n’est possible envers Haïko et Lars. Et même une fois l’histoire terminée, je n’ai pas réussi à véritablement me faire une idée précise et concrète sur chacun d’eux, impossible de dire si l’on peut les ranger dans la catégorie des gentils ou des méchants. Une psychologie exarcerbée et déroutante qui fonctionne parfaitement!
Dans l’univers de Lars et de son nouveau métier de garde du corps, nous faisons la connaissance d’autres gars avec le même profil, afin de constituer son équipe. Je dois avouer que j’ai eu du mal tout le long du récit à distinguer, non pas physiquement, mais dans les prénoms, Lars de ses collègues.

            L’histoire nous plonge dans l’ambiance qui a marqué la France après les attentats. Haine, retentissements, convictions et incompréhensions se mélangent, créant un choc entre différents milieux et différentes cultures aux idéologies distinctes. Alimenté par les médias et les réseaux sociaux, l’incompréhension et les amalgames s’ajoutent les uns aux autres sans pouvoir démêler correctement le tout. Ingrid Desjours dénonce tout ceci très bien, sans faire un seul instant de la politique, de la dénonciation ou de la moralisation. L’endoctrinement et le recrutement sont très bien détaillés et expliqués dans les faits. Pour ce qui est de la justification ou des jugements que le peuple peut en faire, entre Haïko et ses détracteurs, tous les points de vues sont représentés. A chacun et au lecteur de prendre son parti… si tant est que se soit aussi simple!
Quoiqu’il en soit, entre cette thématique lourde, malheureusement réelle et angoissante et des personnages aux aspects psychologiques très poussés, j’ai ressenti pas mal de malaise et de lourdeur dans l’ambiance dans cette lecture, qui m’a perturbée et dérangée. Avec des sévices psychologiques et physiques qui sont clairement décrits et relatés, et des personnages déviants incompréhensibles et incertains, c’est une lecture dure et difficile (qui n’est peut-être pas à recommander à tout le monde)… mais réussie!

En bref:

            Ingrid Desjours nous envoie un véritable coup de poing au plexus avec cette lecture de « Les fauves ». Habituée et aimant les thrillers glauques qui envoient du lourd, la lecture de celui-ci a été difficile, créant un certain sentiment de malaise. En effet, l’histoire nous replonge d’ors et déjà dans cette ambiance lourde et froide des attentats et de l’Etat islamique. Sans rentrer dans des digressions politique ou religieuse, l’autrice réussit à mettre en avant et à expliquer ce phénomène d’endoctrinement et de recrutement des jeunes, avec ses conséquences et surtout avec les différentes opinions que peut avoir le peuple en fonction de ses idéologies et de ses convictions. Sans compter, la place importante et sans doute pas bénéfique des médias et des réseaux sociaux… Les personnages qui sont deux véritables écorchées vifs de la vie, sont également deux êtres à la psychologie étrange, décortiquée et poussée à l’extrême qui nous laisse complètement incertains vis à vis de leurs intentions, même une fois le livre refermé. Ce livre a donc était une lecture dure et difficile, qui peut mettre mal à l’aise mais c’est très bien fait puisqu’est certainement voulu, donc c’est réussi! 

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