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dimanche 11 août 2019

La couleur du lait (Nell Leyshon)




Titre original: The Colour of Milk
Traduction: Karine Lalechère
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Editions 10-18 (3 Septembre 2015)
186 pages
ISBN-10: 2264064536
ISBN-13: 978-2264064530
Genre: Historique
Lu le: 28 Juillet 2019
Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

1831. Mary une jeune fille de 15 ans mène une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset. Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l'écriture... mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Un apprentissage qui lui servira à coucher noir sur blanc le récit tragique de sa destinée. Et son implacable confession. Nell Leyshon réalise un travail d'orfèvre avec ce portrait inoubliable, où vibre la voix lucide et magnifique de son héroïne. 

Mon avis:

            C’est en nombre d’année qu’il faut compter la présence de ce livre dans ma wish-list puisque depuis ce temps, je n’avais pas eu l’occasion de tomber sur lui par hasard, que ce soit dans les livres nefs ou d’occasion. Jusqu’au jour où je l’ai trouvé chez Boulinier et pour le coup, aussitôt acheté, aussitôt lu. Je connaissais l’histoire générale et surtout comment il était construit par rapport au récit, c’est-à-dire le fait que l’histoire soit écrite et racontée par une jeune fille qui était illettrée. Tout le récit est donc dénué de ponctuation, de majuscules ou encore de mise en forme des dialogues. Cette particularité un peu dérangeante fait en sorte que l’on se sent trés proche de Mary qui nous offre une histoire dure et touchante.

Points de vue/Critiques:

            Au fil des saisons, nous suivons la vie d’une jeune paysanne, Mary, dans la campagne anglaise au milieu du 19ème siècle. Et dés le début du roman, nous pouvons constaté que Mary n’a pas une vie très gaie : avec des parents totalement dénuée d’amour pour leurs enfants, Mary et ses sœurs doivent continuellement travaillé aux champs pour subvenir a minima aux besoins de la famille très pauvre. Sans éducation, sans loisir et sans affection, Mary trouve son seul réconfort en la personne de son grand-père, la seule à le considérer comme un être d’exception. La vie et le contexte familial de Mary instaure un sentiment immédiat de tristesse et donc d’affection pour la jeune fille qui ne cesseront de grandir et de nous serrer le cœur au fil des événements qu’elle vivra.

            Lorsque Mary est « vendue » comme bonne pour subvenir aux besoins de sa famille, on espère qu’enfin il y aura un peu espoir pour elle, que la roue va pouvoir tourner et que ce soit un mal pour un bien. Car la famille du pasteur qui l’emploie est plutôt bourgeoise, accueillante et aux mœurs radicalement différente de ce qu’elle a pu connaître jusqu’ici. Même si le chemin est long, elle ne peut qu’apprendre de multiples choses dans un environnement tel qu’il est, durant son travail. Sans compter que son caractère particulier va faire mouche : sa spontanéité, son naturel, son innocence sa franchise et son manque de retenue vont rapidement séduire le pasteur et sa femme qui lui permettront de découvrir la magie des mots.

            Mais le cours de la vie va faire resurgir les plus mauvais côtés de l’homme, au détriment encore une fois de Mary qui en subira les conséquences. Ce qui lui arrive était malheureusement assez prévisible… mais en revanche la réaction de Mary et les conséquences qui en découleront m’ont vraiment surprise et apporte une note supplémentaire de tragédie et de révolte à cette triste histoire.

            Dans ce récit, c’est Mary qui écrit et qui raconte son histoire et comment sa vie a basculé. Etant illettrée depuis toujours et n’ayant appris la lecture et l’écriture que tardivement aux côtés du pasteur, son récit est donc dénué de ponctuation, de majuscules ou encore de mise en forme des dialogues. C’est une superbe idée qu’a eue l’autrice d’imaginer cela puisque le lecteur se sent ainsi irrémédiablement proche de Mary. On se sent certes d’autant plus impuissant face à tout ce qu’elle vit, mais on conserve ainsi son naturel et sa spontanéité. Et si cet aspect peut être dérangeant ou déstabilisant au début de la lecture, on s’y fait très vite puisque l’on est très rapidement attaché  à Mary qui nous entraîne facilement dans son histoire.

En bref:


            Rythmé par le fil des saisons et par les tâches quotidiennes domestiques et paysannes anglaises du 19ème siècle, « La couleur du lait » offre une histoire triste et touchante, avec sa pointe de poésie, qu’il faut découvrir. Dans ce récit court et poignant, mais également révoltant, c’est Mary qui nous raconte son histoire et comment sa vie a basculé. D’abord illettrée et récemment apprentie à l’écriture et à la lecture, ce récit porte les marques de son apprentissage (pas de ponctuation, pas de majuscules, pas de mise en forme). Cette particularité seulement déstabilisante au début nous permet d’être plus proche de cette jeune fille touchante et attachante dont on aime la spontanéité et le naturel.

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