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dimanche 11 novembre 2018

Seule dans Raqqa (Hala Kodmani)





Nationalité de l’auteur: Syrienne
Editions Pocket (18 Octobre 2018)
numéro 17226
128 pages
ISBN-10: 2266284819
ISBN-13: 978-2266284813
Genre: Drame, Témoignage
Lu le: 29 Octobre 2018
Ma note: 18/20




Résumé/4ème de couverture:

Syrie, 2011. Prise en étau entre les exactions d'un dictateur et la barbarie de l'État islamique, Raqqa souffre en silence. Sur Facebook, pourtant, une jeune femme prend la plume. C'est une résistante, une intellectuelle, une amoureuse. Elle raconte l'enfer d'un peuple, son quotidien de combats, de terreurs – son espoir aussi. Le symbole d'une ville, d'un pays tout entier. Antigone moderne, elle en partagera le destin : dénoncée en 2015, elle mourra exécutée dans les geôles de Daech. 
Journal de bord et testament, Seule dans Raqqa est plus qu'un témoignage : un chant de liberté

Mon avis:

            « Seule dans Raqqa » est typiquement le genre d’ouvrage que je n’aurais pas lu spontanément, mais qui offre un témoignage (via une enquête) foudroyant! Merci donc aux éditons Pocket pour cet envoi et pour m’avoir sorti de ma zone de confort, contente d’avoir pu découvrir ce petit ouvrage. Dans la démarche et dans la thématique, ce livre est à rapprocher du livre « Les passeurs de Daraya ». Ainsi, si vous n’y voyez pas très clair dans tout ce qui se passe au Moyen-Orient entre la Syrie, le régime, Daech, etc via les médias et les journalistes pas toujours explicatifs, ces livres vous permettent non seulement d’avoir des explications claires et comprendre la situation, mais en plus, ils se positionnent au coeur du conflit en donnant la parole aux habitants sur place. Pas de jugements, pas d’interprétations, on donne une sorte d’écho à la parole de ces gens vivants et combattant au coeur du conflit et de l’oppression. 

Points de vue/Critiques:

La génése et la construction de ce livre est belle, dérangeante et hors du commun en même temps. En effet, l’autrice, Hala Kodmani, est une journaliste syrienne, qui a entendu parler de l’héroïne de ce livre, Nissan Ibrahim, après la mort de cette dernière, pour avoir dénoncer et combattu le régime Syrien et Daech sur les réseaux sociaux. En effet, Nissan, qui se cache derrière ce pseudo, a régulièrement publié ses idées ou tout simplement relaté les faits de guerre dans Raqqa, sur Facebook. Personne n’a jamais vu son visage, personne ne connait son vrai nom. Elle parle, dénonce, aide, manifeste, s’insurge, espère, mais elle sait que plus ça va, et plus l’étau se resserre autour d’elle. Les menaces de mort à son encontre ne seront bientôt plus des menaces. Elle sera exécutée au début de l’année 2016 par Daech. Sa mort et sa véritable identité seront rapportées par les journalistes du monde entier.

Hala Kodmani a donc décidé de mettre en lumière la résistance ce Nissan, la plume de cette dernière l’ayant transformée en héroïne. Mais pour cela, n’ayant jamais rencontré Nissan qui opérait de façon solitaire, l’autrice est là pour relater les faits, reconstruire le puzzle des actions de Nissan. Ainsi, certains trous temporels sont présents, des interrogations et des questions pressent en suspense et ne trouveront jamais leurs réponses. C’est donc un récit réel de vie, recoupé par les proches de cette « martyr » mais qui ne répond pas à toutes les questions sur l’étrange destin de Nissan Ibrahim. 

Un peu à la manière d’Anne Franck et de son journal, mais dans l’air du temps avec une version 2.0, Nissan va nous faire vivre son quotidien à Raqqa, peuplé d’exécutions, de brimades, de persécutions, de tortures, de bombardements et de privations. On comprend également l’attachement que Nissan a pour son peuple, sa ville, sa famille, son travail et sa féminité. Elle n’a pas besoin de longues explications ou de mots multiples pour nous faire comprendre la situation et son ressenti: elle va à l’essentiel, droit au droit. C’est brut et percutant. Elle veut et restera maîtresse de ses idées, de ses espoirs et de ses idéaux et elle restera toujours lucide par rapport à ça et au régime au pouvoir puisqu’on retrouve une jeune femme résignée et consciente de sa mort prochaine. 

En bref:


            Un témoignage choc et foudroyant! La vie, ou plutôt la résistance héroïque de Nissan Ibrahim est retranscrite et reconstruite d’après tout ce qu’elle a pu laisser derrière elle et d’après certaines personnes qui l’ont connu, puisqu’elle a fini par mourir pour son engagement, sans qu’on connaisse sa véritable identité et sans qu’elle-même puisse se rendre compte de la portée de ses actions. De nombreuses zones d’ombres persistent donc, mais Nissan fera toujours partie de ses combattants, de ses résistants, de ses révolutionnaires qui auront combattu à leur manière le régime oppresseur et totalitaire de la Syrie et de Daech. Pour Nissan, c’est sa plume qui l’a transformé en héroïne. 

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