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lundi 26 novembre 2018

Le collectionneur (Fiona Cummins)




Titre original: Rattle
Traduction: Jean Esch
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Editions Slatkine et Cie (18 Octobre 2018)
516 pages
ISBN-10: 2889440427
ISBN-13: 978-2889440429
Genre: Thriller
Lu le: 11 Novembre 2018
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Le Collectionneur mène une double vie. Monsieur Tout-le-monde dans l’une, il est, dans l’autre, le gardien d’un musée secret qu’ont constitué son père et son grand-père avant lui, une collection d’ossements humains.

Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Et il y a à Londres deux enfants atteints d’une maladie génétique orpheline qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, la maladie de l’homme de pierre.

Mon avis:

            Merci infiniment aux éditions Slatkine pour m’avoir envoyé « le collectionneur » que je voyais partout, avec des avis toujours très positifs et qui me faisait de plus en plus envie! En effet, avec son histoire de collectionneur de squelettes hors du commun, elle avait cette notion atypique et un peu scientifique qui éveillait ma curiosité! 
Après lecture, ce livre est vraiment à la hauteur de ce que l’on peut en attendre: c’est froid, c’est fascinant, c’est chirurgical, bref c’est prenant et ça vous glace le sang tout le long du livre offrant un bel page-turner. La fin est peut-être un poil plus longue à partir du moment où tout est terminé, mais cela n’est là que pour mieux amener une fin ouverte…!

Points de vue/Critiques:

            « Le collectionneur « est un thriller véritablement bien construit et c’est dans sa construction que vient son originalité ». En effet, il s’articule autour de trois axes de manière assez équilibrée entre l’enquête afin de retrouver les enfants disparus, le collectionneur en lui-même, et les parents dévastés et désemparés attendant que l’on retrouve leur enfant. 

Une des particularités de ce nouveau thriller vient donc du « Collectionneur » en lui-même et comment l’autrice l’a pleinement intégré dans l’histoire. En effet, dés le début, malgré les multiples noms et identités qu’il peut revêtir (L’Homme de la Nuit, le croque-mitaine), c’est avant tout un Monsieur-tout-le-monde, dont nous suivons, le jour et de temps en temps, le quotidien classique. Mais avec lui, nous sommes aussi, côté nuit, au coeur de sa folie, sa passion, sa collection: celle des squelettes hors normes qui a débuté avec son grand-père et qui se transmet comme un héritage familial de génération en génération. Et parce que nous le suivons de manière classique comme les autres personnages, avec une vie comme presque tout le monde, on devient proche de lui, en comprenant presque ses exactions. D’ailleurs, savoir son identité n’est pas un but ultime, car nous découvrons son nom au cours de la lecture et cela n’arrête en rien l’enquête et le suspense, car les interrogations vont au-delà de l’identité de ce collectionneur. Il n’y a donc pas de grandes révélations, pas de scènes horribles, pas de descriptions sanglantes: tout est dans l’angoisse et dans l’inquiétude, accentués par des personnages normaux et « fragiles ». 

Grâce à l’enquête commanditée par l’inspectrice Etta Fitzroy, l’autrice a su mettre en évidence le côté familles des victimes, leur désarroi, leur attente, leur vie chamboulée, leur descente aux enfers et leur reconstruction. Car derrière des différences d’éducation, de mode de vie et de classe sociale, Fiona Cummings nous montre que dans ce genre de situation de disparitions d’enfants, les parents deviennent égaux les uns aux autres. Derrière une façade de couple et de famille parfaite, certains vont voler en éclats alors que pour d’autres où le quotidien semble moins lisse, ce genre de drame va au contraire, renforcer les liens. Quoiqu’il en soit, les problèmes de couples, leur détresse et leur attente sont un rappel constant de leur faiblesse et de leur inertie, les rendant d’autant plus humains.

A la fin, une fois que l’histoire semble finie, le roman lui ne l’est pas. J’aime avoir quelques pages supplémentaires pour savoir ce qu’est devenu tout le monde après que tout soit fini, mais ici, après cette mise au point, l’histoire ne s’arrête toujours pas. Cela m’a donc semblé un peu long jusqu’au moment où l’on constate que finalement, l’histoire ne semble pas terminée. Cette fin ouverte est donc prometteuse, puisque Fiona Cummins a déjà écrit la suite! 

En bref:


            Pour son premier livre « Le collectionneur », Fiona Cummings nous offre un thriller hors du commun et atypique. Le fait d’intégrer pleinement le collectionneur dans l’histoire en le suivant normalement dans sa vie de tous les jours (et accessoirement dans sa partie sombre) est terrifiant mais aussi fascinant, et nous glace le sang tout le long du roman. Les rebondissements et les révélations ne sont pas de mises puisque l’on est ici plutôt axé sur les interrogations, les enjeux, l’angoisse et l’inquiétude, formidablement mis en lumière grâce aux familles des victimes dont leur psychologie est aussi un des axes principaux de l’histoire. 

2 commentaires: