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vendredi 30 décembre 2016

10 ans de liberté (Natascha Kampusch)





Titre original: 10 Jahre freiheit
Traduction: Céline Maurice et Sylvie Roussel
Nationalité de l’auteur: Autrichienne
Editions JC Lattès (28 Septembre 2016)
Collection Essais et Documents
280 pages
ISBN-10: 2709656205
ISBN-13: 978-2709656207
Genre: Autobiographie
Lu le: 26 Décembre 2016
Ma note: 14/20


Résumé/4ème de couverture:

Le 23 août 2006, l’un des pires enlèvements de ces dernières décennies prend fin. Natascha Kampusch réussit à s’enfuir de la cave dans laquelle elle était retenue prisonnière depuis huit années. Dans un récit saisissant, 3096 Jours, elle a raconté son effroyable calvaire. Dix ans plus tard, elle nous livre un aperçu de son retour à la liberté : ses expériences, les plus douloureuses comme les plus belles, ses rêves et ses cauchemars, son investissement dans des projets humanitaires (notamment au Sri Lanka) et son engagement auprès de jeunes eux aussi blessés par la vie. Peut-on s’affranchir d’un passé aussi terrible ? Comment trouver la force de se reconstruire après un tel traumatisme ?

Mon avis...:

            Après son premier livre, 3096 jours, où Nastascha relève en détails tout ce qu’elle a subit durant ses huit années de captivité, elle revient avec ce second livre pour nous livrer ce qu’elle appelle elle-même « sa troisième vie ». Car comment se reconstruire après avoir vécu l’enfer? Comment prendre le train en marche et continuer? Que prendre comme repères?

J’ai aimé savoir que Natascha s’en sortait encore et toujours aujourd’hui, malgré les nombreuses calomnies dont elle fait quotidiennement l’objet. Mais elle garde toujours la tête haute et passe à côté de ces médisances (malgré de courtes périodes d’abattement) gardant ainsi sa volonté et sa détermination, qui ont fait d’elle un objet de doutes dés sa libération. 
Elle revient beaucoup dans ce livre sur ces préjugés, ces menaces et ces doutes auxquels elle doit faire face. Ainsi, il m’a manqué le côté personnel et plus privé de Natascha, qui était présent dans son premier livre.

Point de vue - Critiques:

On ne peut qu’admirer la force physique mais surtout psychique de Natascha. Car après avoir tenu mentalement aux prises de son ravisseur, elle doit maintenant échapper aux prises de toute la société. Et c’est autour de ce sujet que tourne tout le livre. Car on peut dire qu’elle n’a pas été unanimement acceuillie les bras ouverts par tous. Nombreux sont ceux qui croient au complot, que Nastascha n’a fait que mentir, que ses parents étaient derrière tout cela, qu’il y avait des complices et que Natascha n’a eu que ce qu’elle méritait et qu’elle aurait du rester entre les mains de son ravisseur!! Certains vouent même un culte au ravisseur et déplore sa mort…
Même si Natascha n’a pas voulu dire au grand public toute la vérité pour tenter de garder pour elle une part d’intimité (notamment en ce qui concerne les violences sexuelles qu’elle n’a pas voulu avouer dans un premier temps, mais qu’elle dit très brièvement avoir subi dans ce livre), comment peut-on la juger et lui dire ouvertement qu’elle a mérité ce qui lui est arrivé?

Elle nous explique et montre clairement la violence des propos d’une partie de la société autrichienne, qu’elle ne condamne pas ouvertement mais qu’elle cherche plutôt à expliquer, voire pardonner. Quelle force de caractère! Je me suis ainsi demandé si la société française aurait le même jugement? Et je pense que la plupart d’entre nous (malgré toujours un petit nombre hostile) verrait en Nastascha ce qu’elle est, c’est-à-dire une victime, que l’on ne doit ni harceler ni accable, mais que l’on doit laisser (re)vivre.

La part sociologique du retour de Nastascha est donc importante dans ce livre. J’aurais aimé avoir plus de détails (insignifiants) concernant le retour à la vie normale de Nastascha, peut-être plus d’anecdotes comme son regard et ressenti sur la découverte des programmes de télévision, d'internet et les réseaux sociaux, de la musique et littérature, des films etc… 
Elle nous dévoile dans ce style, les revenus et dons qu’elle a touché et qu’elle a entièrement redonné en s’investissant dans les oeuvres caritatives notamment en Thaïlande. J’ai aimé ce passage plus personnel. Mais elle ne nous dit concernant de potentiels études, de ce qu’elle aimerait exercer comme métier, etc...

En bref:

            Encore une belle preuve de courage et de détermination de Natascha Kampusch en ce livrant une fois de plus dans ce livre, faisant ainsi taire (pour un temps et pas complètement) les médisances et injures auxquelles elle doit faire face encore aujourd’hui. Les barreaux d’une prison ne sont donc pas forcément physique mais peuvent se présenter sous la forme d’une étroitesse d’esprit collective…

N’a-t-elle déjà pas suffisamment payé, pour rien?

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