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dimanche 21 février 2016

Esclave de Daech (Jinan Badel & Thierry Oberlé)



Nationalité des auteurs: Irakienne & Française
Editions Fayard (2 septembre 2015)
Collection: Documents
252 pages
ISBN-10: 2213687099
ISBN-13: 978-2213687094
Genre: Témoignage
Lu le 15 février 2016
Ma note: 14/20





Résumé/4ème de couverture:

« Daech est entré dans le village ! Daech attaque ! » Jinan s’attendait à devoir partir un jour ou l’autre dans la précipitation. Un sentiment de danger imminent s’était répandu dans la région dès le début de l’été 2014 et, avec lui, l’impression terrifiante qu’un monde allait s’effondrer : le sien. Celui des yézidis, habitant au pied des monts Sinjar, dans le nord de l’Irak, non loin de la frontière syrienne. L’offensive des djihadistes de l’État islamique cible les minorités religieuses et ethniques. 

Jinan ne pouvait imaginer qu’elle serait capturée avec sa famille le 4 août par les combattants de Daech, et que bientôt, elle serait séparée d’elle. Ni qu’elle allait vivre pendant trois mois l’enfer, celui de l’asservissement. 

Au début de l’hiver 2014, Jinan rencontre par hasard Thierry Oberlé, grand reporter au Figaro. Elle lui raconte son histoire, timidement, avec pudeur et sincérité. Ses mots précis et justes masquent sa détresse. Jinan est une rescapée. Elle a dix-huit ans, mais en paraît plus, elle est une jeune mariée. Sa voix fluette tranche avec la force de son caractère et sa détermination. Vendue à deux « combattants», un flic et un imam, elle a été torturée et séquestrée. Et contrainte de se convertir à l’islam, comme toutes les captives des djihadistes. L’esclavage sexuel est, pour Daech, tout ce que méritent ces mécréantes. Jinan a eu de la chance. Elle a réussi à s’enfuir. Sa guérison passera par ce témoignage, pour elle et pour toutes les femmes qui ont subi le même sort, parfois en y laissant la vie.

L’histoire:

Jinan est une jeune femme appartenant au peuple des Yézidis. Parce que ce peuple, ayant déjà connu 72 génocides, ne correspond pas aux standards religieux définis selon Daech, Jinan, comme de nombreuses autres femmes a été kidnappée et violentée durant 11 semaines de séquestration. Parvenue à s’échapper et mise en relation avec un journaliste français, grand reporter au Figaro, elle témoignage de ce qu’elle et son peuple ont vécus, pour ne pas tomber dans l’oubli et de déni...

Mon avis:

… Général:

Ce livre qui met l’accent sur le témoignage, celui d’une femme au coeur d’une guerre, cette dernière ne prenant à aucun moment l’ascendant sur le récit de Jinan. 

Point de vue - Critiques:

Malgré le contexte et le sujet peu enclin à la joie et au bonheur, j’ai trouvé de nombreux points positifs dans ce témoignage.

Tout d’abord, on apprend à connaître les yézidis, peuple très discret (coutumes religieuses, temples, les sept anges et l’Ange Paon, la légende du serpent sauvant l’arche de Noé). On voit la tolérance des yézidis envers les victimes de part les sévices qu’elles ont subies et qui sont punissables, pour leur religion, parfois jusqu’à la mort. La postface du journaliste nous éclaire davantage sur les yézidis et nous donne envie d’en savoir plus à leur sujet.

Puis, la commission d’investigation sur les crimes commis contre les Yézidis effectue un travail d'aide remarquable dans le suivi des victimes du point de vue physique, psychologique et juridique.

Enfin, en plus du point de vue de Jinan et de son « parcours », on sait ce qu’il advient du reste de sa famille, sa belle-famille, son mari et même de ses camarades de détention.

En revanche, la seule petite critique que je pourrais émettre, c’est que je n’ai  pas trouvé de détails ou descriptions sur certains termes (chiites/sunites, Kurdes/Kurdistan syrien ou irakien) qui rend la compréhension du contexte géo-politique et religieux pas tout à fait claire pour un néophyte dans ce domaine.

En bref:


C’est un témoignage qui est une façon de combattre et qui honore ces femmes yézidis résistantes et combattives. Car si des femmes telle de Jinan ne racontent pas ce qu’elles ont vécus, qui le fera pour faire mesurer au monde entier l’étendue des horreurs perpétrées envers des hommes et des femmes? Ne pas parler, n’est-elle pas une forme de complicité ou de mise sous silence des crimes de Daech ?

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