Mes derniers avis romans:



jeudi 16 août 2018

Chacun sa vérité (Sara Lövestam)




Titre original: Flicka försvunnen
Traduction: Esther Sermage
Nationalité de l’auteur: Suédoise
Editions Pocket (11 Janvier 2018)
numéro 17083
304 pages
ISBN-10: 2266278231
ISBN-13: 978-2266278232
Genre: Policier
Lu le: 5 Août 2018
Ma note: 13/20



Résumé/4ème de couverture:

« Si la police ne peut rien pour vous, n'hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers. 

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d'asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l'Iran, sans risquer sa vie. Dans l'attente d'un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d'argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l'investigation. 
Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels...

Mon avis:

            Grand prix de la littérature policière, « Chacun sa vérité » fait aussi parti des deux finalistes du prix Nouvelles Voix du Polar chez Pocket dans la catégorie auteur étrangers, raison pour laquelle je ne suis attelée à ce livre. Avec ce dernier, j’étais très curieuse de découvrir enfin l’univers des polars nordiques, qui sont tout de même connus pour être écrits d’une manière particulière, tout en étant très bons. Et effectivement, cette manière nordique d’écrire a vite été ressentie, et je ne sais pas si c’est cela ou si ça vient de l’histoire en elle-même, mais je n’ai pas aimé ce livre. Il est plus que mou du genou, il n’y a aucun intérêt et berce le lecteur d’illusions qui ne trouvent aucun fondement.  « Chacun sa vérité » est apparemment le premier volet d’un tétralogie naviguant autour du personnage principal, mais je m’arrêterais là pour ma part !

Points de vue/Critiques:

N’ayant jamais lu d’autre polar ou thriller d’auteurs nordiques, il est difficile pour moi de savoir si ce que j’ai identifié comme déplaisant est lié à l’autrice même ou plus généralement, à la manière d’écrire de la culture nordique. Quoiqu’il en soit, dés le début de l’histoire, nous faisons connaissance avec les personnages et avec le sujet du scénario. Mais l’un et l’autre sont très mystérieux, à tel point que l’on ne nous fournit aucun indices concrets, seulement des petits mots lancés discrètement pour continuer d’alimenter cette ambiance mystérieuse, mais qui n’apporte rien d’autre, à part peut-être, de plus en plus d’agacement. On a l’impression de brasser du vent et au final, c’est long, ennuyeux et en plus cela perdure durant tout le livre !!! Cette impression de ne pas avancer, d’être dans une bulle stérile, est renforcée par le fait aussi que l’on ne retrouve seulement que deux personnages.
Il n’y a donc aucune évolution dans le scénario, aucune révélation progressive afin de nous accrocher et nous tenir en haleine. Ne serait-ce que pour « l’enquête » en elle-même entreprise par Kouplan, il n’y a finalement aucun éléments strito sensu nous permettant de dire qu’il s’agit d’une enquête : pas d’indices, pas de recherches, pas de renseignements, jusque faire un tour dans des endroits et interroger des personnes lambda…

Bon, heureusement, le final nous apporte les réponses… mais il faut être très novice dans le genre pour pouvoir être surpris !!! Et le plus affligeant est de constater qu’à la toute fin du livre , l’autrice semble vouloir nous donner un cliffhanger en nous faisant une révélation sur Kouplan, mais qui au final, n’apporte strictement rien à l’histoire et ne permet pas d’y voir plus clair avec le recul ! On se demande là encore, quelle est l’utilité ?
Avec le recul, je me demande vraiment comment et sous quel angle, il faut voir et prendre cette histoire. Est-ce que c’est plutôt l’angle psychologique, lié au personnage de Pernilla, ou alors, par rapport aux deux personnages, le fait que l’on ne peut jamais vraiment connaître quelqu’un et que toute personne cache des secrets (alors dans ce cas, je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant) ?

En bref:

            Est-ce que c’est le genre « polar nordique » ou est-ce que c’est l’autrice et donc l’histoire en elle-même qui ne va pas, mais, toujours est-il que ce livre, qui a reçu des prix, ne m’a absolument pas convaincu. Le scénario nous fait brasser de l’air en nous faisant croire que l’on assiste à une enquête, mais aucun élément n’est présent pour en être le cas. C’est la même chose pour les personnages rendus très mystérieux. Rien n’est donné pour nous faire mordre à l’hameçon et nous tenir en haleine. Un polar mou et sans intérêt aucun.



mardi 14 août 2018

La guerre des clans, cycle 1, tome 3: les mystères de la forêt (Erin Hunter)




Titre original: Forest of secrets
Traduction: Cécile Pournin
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Editions Pocket Jeuensse (6 Mars 2008)
318 pages
ISBN-10: 226617892X
ISBN-13: 978-2266178921
Genre: Jeunesse
Lu le: 2 Août 2018
Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

            La tension est à son comble dans le Clan du Tonnerre : une terrible inondation s'abat sur la forêt et les alliances entre tribus changent sans cesse.
Quant à Cœur de Feu, il continue d'enquêter sur la mort de Plume Rousse, l'ancien lieutenant du Clan. Il ignore encore quelle sombre machination il va découvrir...

Mon avis:

            Après avoir pris « possession » de la guerre des clans, c’est-à-dire, avoir en tête les personnages, les clans, les intrigues et les enjeux, avec les deux premiers tomes, j’espérais autre chose avec ce troisième tome et j’ai été pleinement satisfaite. En effet, entre trahisons et entraide, les batailles faisaient rage jusqu’ici, et j’aspirais à plus de douceur pour Cœur de Feu et son clan. Même si dans ce troisième tome, on garde les tenants et aboutissants pour créer et instaurer une bonne et véritable intrigue qui tient en haleine, ce sont les valeurs familiales qui sont au cœur de cette histoire.

Points de vue/Critiques:

Avec bonheur, l’intrigue de la saga ne s’essouffle pas (encore !?) et plaît toujours autant et ce troisième tome m’a apporté véritablement ce que j’attendais pile à ce moment là. Dans les premiers tomes, nous faisions connaissance avec Cœur de Feu et son clan, et avec tout ce système de hiérarchie et de clans qui entraînent donc invariablement des bagarres. Parce que c’est toujours violent et triste de constater la perte de certains protagonistes, j’espérais que ce côté lutte entre clans serait mis entre parenthèse. J’espérais aussi que tout ce qui concernait Griffe de Tigre serait enfin dévoilé et que cette affaire ne traînerait pas éternellement. Et tout cela s’est  effectivement produit dans ce tome 3 (même si une petite bataille a lieu !).

C’est donc un sujet plus doux qui est retrouvé en majorité dans le scénario comme trame principale de l’histoire : le thème de la famille et de la filiation. A travers différents personnages, on se rend compte que pour eux, l’appartenance à son clan est plus qu’importante et qu’elle peut et doit passer au dessus des liens familiaux qui les unissent les uns aux autres. Mais parfois ces liens ne sont pas oubliés pour autant, ils sont plus forts que tout, et amènent alors à des dilemmes, des choix et des conflits. J’ai beaucoup aimé retrouver cet aspect de famille et de descendance dans ce livre, puisque ce thème était plus ou moins abordé et survolé jusqu’ici, sans jamais entrer dans les détails.

En bref:

            Après avoir abordé les aspects individuels et généraux des clans, ce troisième tome de la saga « La guerre des clans » fait justement une trêve dans ces batailles et luttes entre clans, et cela fait du bien. Les enjeux et les intrigues sont tout de même présents et c’est à travers le thème de la famille et de la filiation que l’on remarque que ce troisième tome marque un tournant dans l’histoire pour inaugurer de belles perspectives pour la suite.

Autour du livre:
  • Tome 1 : Retour à l’état sauvage (ß chronique à retrouver ici)
  • Tome 2 : A feu et à sang (ß chronique à retrouver ici)




lundi 13 août 2018

Lontano (Jean-Christophe Grangé)




Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche
Collection Thriller (3 Mai 2017)
numéro 34547
953 pages
ISBN-10: 2253092460
ISBN-13: 978-2253092469
Genre: Thriller
Lu le: 31 Juillet 2018
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

            Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite sœur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 1970, ressurgit des limbes africains, le clan doit se tenir les coudes. Sur fond d'intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l'espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons.
Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

Mon avis:

Cela faisait pas mal d’année que je n’avais pas lu un livre de Jean-Christophe Grangé, lui qui ne m’a presque jamais déçu (déception uniquement pour « Le concile de pierre »), et qui est réputé pour ne pas faire dans la dentelle en ce qui concerne des détails sordides, crus, violents et parfois gores. Bref, il n’a pas our habitude de nous concocter des petits thrillers tout beaux, tout mignons.
Malgré ces plus de 900 pages, Lontano peut effrayer, mais comme toujours j’ai englouti l’histoire qui ne s’essouffle à aucun moment ! L’intrigue est complexe sans être difficile à suivre et elle nous entraine dans des univers que tout oppose à première vue, l’atmosphère est tendue tout le long du roman, et les personnages sont riches et très sombres nous donnant par la même occasion, une saga familiale particulière.

Points de vue/Critiques:
Contrairement aux autres livres de l’auteur, dans celui-ci, j’ai trouvé que les personnages avaient réellement une importance capitale, que se soit dans l’intrigue en elle-même que dans l’atmosphère qui se dégage de l’histoire. Et en plus, ces personnages sont exceptionnellement assez nombreux, puisqu’en dehors que l’équipe qui enquête, on retrouve un personnage principal qu’est le clan Morvan. Cette famille est atypique, sombre, et complétement dysfonctionnelle. A la tête de tout ce monde, on retrouve le père, le patriarche autoritaire et abusif, pour qui le pouvoir et la transmission pour ses enfants sont les plus importants. C’est Erwan, le fils ainé et flic carriériste comme son père, qui va diriger l’enquête. Il va aussi devoir gérer son frère, trader intelligent en instance de divorce et continuellement sous l’effet de la drogue, mais aussi sa sœur, qui se prostitue en voulant croire que cela va lui permettre de lancer sa carrière d’actrice. Et au milieu de tout ce monde, on n’oublie (presque) pas la mère de famille, totalement effacée et soumise, victime de son mari violent. Bref, cette famille prend beaucoup de place dans l’intrigue et cette dimension familiale est agréable à retrouver puisqu’elle n’est jamais ressortie jusqu’ici dans les livres de Jean-Christophe Grangé. Tous ces personnages sont bien travaillés et même si certains apparaissent moins que d’autres, on aimerait s’y pencher davantage tant leur psychologie est intéressante.

Comme souvent dans les histoires signées Jean-Christophe Grangé, on plonge dés le début dans une atmosphère particulière, sombre et inquiétante, qui perdure tout le long du roman. L’intrigue est prenante dés les premières pages et est haletante jusqu’à son dénouement. En effet, les rebondissements liés à l’affaire vont nous faire voyager entre différents lieux, soulever des croyances, des mythes, et des tabous ou encore exposer la face cachée de certains mondes. On partira donc de Bretagne, dans un camp militaire aux mœurs douteuses presque sectaires, pour ensuite partir sur Paris dans une série de meurtres liés au monde du sexe et de la nuit, sans oublier de passer par l’Afrique Noire à travers sa politique, ses manigances, son exploitation, ses croyances et ses mythes. L’intrigue du roman est donc très riche, diverse et complexe.

Avec une intrigue aussi multiple, l’auteur ne perd pas ses lecteurs en route, puisque l’on retrouve une plume aboutie et maîtrisée. Au milieu de son écriture parfois noire et brute de décoffrage, il arrive à manier les mots et les phrases afin de nous faire passer délicatement la pilule et de nous laisser les idées en place.

Quand on est sur un pavé de 900 pages, on espère évidemment que la fin sera véritablement à la hauteur de nos attentes et que notre patience sera récompensée. Et c’est le cas avec Lontano, puisque l’on retrouve 3 fins consécutives. En effet, un premier dénouement est dévoilé et tient la route à quelques exceptions prés, puisqu’elle ne répond pas à toutes les questions soulevées. Il faut donc aller chercher encore plus loin, et le véritable dénouement lié à l’enquête prend tout son sens. Mais par rapport aux personnages de la famille Morvan, tout n’est pas encore résolue et les dernières lignes du livre servent d’ouverture pour la suite « Congo requiem ». J’espère y découvrir plus d’informations sur les relations qui unissent le clan Morvan, qui n’a pas livré tous ses secrets j’en suis sûre, notamment avec Maggie, la mère, qui m’a beaucoup intriguée…

En bref:

            Avec « Lontano » Jean-Christophe Grangé réussit un retour en force. Avec une plume aboutie et maîtrisée, l’auteur nous entraine dans une intrigue sombre, inquiétante et haletante du début à la fin, en nous faisant voyager dans différents lieux et en soulevant de multiples univers qui n’ont rien en commun mais qui cachent tous des secrets. Cette enquête riche et complexe est en plus servie par des personnages sombres, aux psychologies très intéressantes, formant une famille dysfonctionnelle et atypique qui se prête parfaitement à l’ambiance noire et inquiétante du roman.