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mercredi 23 août 2017

Les petites reines (Clémentine Beauvais)




Nationalité de l’auteur: Française
Editions Sarbacane (1er Avril 2015)
Collection Exprim'
270 pages
ISBN-10: 2848657685
ISBN-13: 978-2848657684
Genre: Jeunesse
Lu le: 16 Août 2017
Ma note: 17/20





Résumé/4ème de couverture:

On les a élues « Boudins de l'année » sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses «boudinettes». Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris... ... pour s'incruster à l'Elysée ! Place aux Petites Reines !!!

L’histoire:

            À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.

Mon avis…:

…Général:

            Quel bonheur ce livre! Lu au soleil, d’une traite! De l’action, du bonheur, de l’humour, du rêve, de la détermination et bien sûr derrière tout cela, l’histoire n’est pas totalement innocente puisqu'elle dénonce parfaitement de façon douce sans pointer du doigt et surtout avec beaucoup d’humour, la pression sociale engendrée par les critères physiques de « normalité » et le fait que les enfants sont parfois vraiment cruels entre eux… 

J’ai connu Clémentine Beauvais avec « Songe à la douceur » qui a été un véritable coup de coeur. Dans un tout autre style, dans un tout autre univers, l’auteure confirme son talent avec « les petites reines » et surtout sa plume toujours teintée de dynamisme et d’humour piquant. Il me tarde de découvrir ses autres titres!

… Sur les personnages:

Mireille, Astrid et Hakima, nos trois petits adorables boudins, sont vraiment de sympathiques personnages. Elles ont des âges différents, des éducations et des cultures différentes mais l’auteure arrive à les faire réunir très naturellement pour qu’elles deviennent amies et complices de leur « malheur », devenant ainsi beaucoup plus fortes à trois que seules. J’ai beaucoup aimé leur complémentarité, la faiblesse d’une sera comblée grâce à la présence d’une autre. Elles se soutiendront coûte que coûte que se soit dans les épreuves de leur périple comme lors de problèmes plus personnels. Au fur et à mesure de leur objectif, on voit leur association se transformer peu à peu en une vraie amitié et j’ai aimé que cette dernière ne soit pas déjà trop facilement acquise dés le début. Surtout quand on sait que l’on est en présence de jeunes adolescentes, l’amitié va et vient rapidement...

Points de vue/Critiques:

Le point clé de ce livre, et ce ne sera pas une surprise en voyant la couverture remplie de petits boudins roses et en parlant de « boudins de l’année », c’est indéniablement l’humour!!!
Quand on nomme trois jeunes filles « boudins » grâce à un concours élisant les Boudins d’or, d’argent et de bronze, avec notamment une (Mireille, la Boudin d'argent) qui prend tout cela avec réjouissance, en tant que lecteur on pourrait se retrouver mal à l’aise de cette situation et « rire » difficilement de ce début d’histoire. Mais Clémentine Beauvais amène sa plume légère, bourrée d’humour, grâce à laquelle tous les sujets peuvent passer!
Et c’est par le biais du personnage de Mireille que presque tout l’humour est présent! Elle n’est QUE Boudin d’argent cette année? Et si on allait rencontrer celle qui a ravi la première place du podium? Et si pour arriver au but final qu’est Paris, on y aller en vélo? en vendant des boudins? Ahurissant, entraînant et drôle, c’est efficace! Ou comment bien manier l’humour pour nous faire passer de beaux messages. Car avec ses jeux de mots, cette plume vive et pleine de peps, Clémentine Beauvais fournit un savant mélange qui apporte une lecture très dynamique et rythmée.

Mais à l’intérieur de cette enveloppe légère et drôle, on retrouve beaucoup de maux cachés, dans chacune des trois jeunes filles et qui sera au final la base de leur périple jusqu’à Paris, chacune y ayant un objectif. Même pour Mireille qui dégage beaucoup de cran, d’euphorie et de légèreté, on devine très rapidement en elle une faille qu’elle cherche par tous les moyens de cacher… 
A travers cette histoire de petits boudins, l’auteure dénonce bien évidemment les railleries, l'humiliation et la cruauté des ados face à ceux qui ne rentrerait pas dans le moule « normal ». Et même si Clémentine Beauvais en fait son sujet principal, l’obésité des protagonistes est annoncée et dite mais elle n’est pas appuyée: pas de descriptions de leurs corps, de leurs vêtements, de leur gêne ni même d’éloge sur le fait qu’une telle épopée en vélo leur fera sûrement perdre des kilos. 

En bref:         


            Harcèlement scolaire, réseaux sociaux et surtout méchanceté des adolescents face à l’obésité sont autant de sujets sérieux traités dans ce livre en toile de fond. Mais Clémentine Beauvais nous livre ici ces douloureux sujets dans une enveloppe bourrée d’humour avec des personnages hauts en couleur et attachants qui se retrouvent entraînés dans un périple cycliste où la détermination, le courage, la beauté, l’action et les motivations personnelles sont présents dans leurs bagages.

mardi 22 août 2017

Les mystères de Larispem, tome 2: Les jeux du siècle (Lucie Pierrat-Pajot)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Gallimard Jeunesse (25 Mai 2017)
322 pages
ISBN-10: 2075081492
ISBN-13: 978-2075081498
Genre: Jeunesse
Lu le: 16 Août 2017
Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

À l'aube du XXe siècle, les jeux de Larispem sont lancés ! Carmine, la fougueuse louchébem, Nathanaël, nouvellement apprenti au Cochon Volant, et Liberté, technicienne à la tour Verne, forment l'une des six équipes de ce Jeu de l'oie à échelle humaine. Pendant ce temps, la comtesse Vérité œuvre dans l'ombre pour s'emparer de la Cité-État. L'intrépide trio parviendra-t-il à déjouer ses plans ? Et sauront-ils décoder le Livre de Louis d'Ombreville, qui suscite tant de convoitises ?

Mon avis:

Qu’il me tardait de découvrir la suite des aventures de Carmine, Liberté et Nathanaël, après ce premier tome qui m’avait surprise et vraiment ravie. C’est véritablement LA sortie littéraire de l’année que j’attendais avec impatience. C’est pourquoi, je remercie vivement et sincèrement les éditions Gallimard Jeunesse pour avoir répondu positivement à ma demande et pour l’envoi du livre. J’aurais vraiment aimé le lire bien avant, mais les différents services presses à honorer et les différentes lectures communes que j’ai eu ont quelques peu retarder cette lecture.

En général, comme bon nombre de sagas, avec notamment Hunger Games dernièrement, le deuxième tome aborde toujours un peu plus en profondeur la problématique de la politique avec ses complots, ses trahisons et ses manigances. Et parce que cette thématique m’apporte moins d’ardeur, j’ai préféré encore une fois le tome 1. Néanmoins, on retrouve avec bonheur tout l’univers de Larispem, ses automates, ses castes, son langage particulier, ses Jeux et bien sûr nos trois attachants personnages, bref j’ai adoré!!!!

Points de vue/Critiques:

Le début du livre nous amène là où l’on avait laissé nos petits héros à la fin du premier tome. Et s’il n’y a pas de rappel, l’auteure a su en distiller au fil des pages, dans les discussions, permettant de se rafraîchir la mémoire, notamment sur les détails de l’histoire. Et parce que les évènements vont rapidement s’enchaîner, et pas forcément de la meilleure façon pour les 3 jeunes protagonistes, on retrouve chez eux une belle et logique évolution de leur personnalité. Nous passons ainsi d’enfants à des adolescents, en proie notamment aux premiers sentiments amoureux. Par la force des évènements et de leur âge, cette évolution est pour moi logique et attendue, même si cette facilité et cette attente soumise peut en décevoir certain qui auraient voulu rester dans le cadre de la jeunesse.

Dans ce tome qui pose le Jeu de l’Oie comme thème principal, j’ai été un poil déçue par le fait que pour moi ces Jeux n’ont pas assez pris d’importance et de flamboyance. J’en attendais plus, mais peut-être que l’on retrouvera cela dans le dernier tome, car après tout, ces Jeux n’ont pas été clôturés à la fin du tome…
On retrouve donc dans l’histoire de ce tome 2 davantage l’aspect politique. Entre les Frères de Sang poursuivant les trois jeunes et les complots visant à renverser la présidente de la Cité-Etat, beaucoup d’actions, d’enjeux, de manigances et de trahisons sont au programme. 

Tout comme pour le premier tome, l’univers construit par Lucie Pierrat-Pajot est juste magnifique et est considérablement l’atout majeur de cette saga originale. Je n’ai aucun point de comparaison mais j’adhère totalement à cet univers Steampunk, cette Uchronie. L’auteure a une imagination telle que tout y est pensé et merveilleux: le monde politique, économique, social, les automates, le langage, la pointe de surnaturel et les personnages connus (Jules Verne) ou inconnus attachants. Et même si ce monde semble à des années lumières du nôtre, on y retrouve tout de même de grandes similitudes: la recherche du pouvoir, la guerre entre différentes communautés et les attentats...

En bref:         

            Citoyens, citoyennes, si vous ne connaissez pas encore cette saga, il faut vite y remédier! Plongez dans Larispem, cette cité-état enclavée dans la France et construite sur les ruines de Paris, au milieu de ses automates, son langage des louchébems et son Jeu de l’Oie qui va offrir de nouveaux enjeux quant à la présidence et de multiples actions à nos trois jeunes protagonistes, Liberté, Carmine et Nathanaël, qui vont devoir affronter leur destin.

Autour du livre:      

  • Tome 1: le sang n’oublie jamais (<— chronique à retrouver ici)

dimanche 20 août 2017

Mémé (Philippe Torreton)




Nationalité de l’auteur: Française
Editions J’ai Lu (15 Février 2017)
numéro 11651
140 pages
ISBN-10: 2290138894
ISBN-13: 978-2290138892
Genre: Mémoires
Lu le: 13 Août 2017
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

«Mémé, c'est ma mémé, même si ça ne se dit plus.
Mémé me manque. Ses silences, ses mots simples au Scrabble, sa maison enfouie sous les pommiers et son buffet d'avant-guerre. Ce texte est subjectif, partial, amoureux, ce n'est pas une enquête, ce n'est pas une biographie, c'est ce que j'ai vu, compris ou pas, ce que j'ai perdu et voulu retenir, une dernière fois. Mémé, c'est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose.»

Voici le portrait qu'à plus de quarante ans Philippe Torreton fait de celle qui fut le personnage central de son enfance, un portrait tendre et nostalgique, construit par petites touches comme la mémoire, où chacun retrouvera sa grand-mère ou celle dont il a rêvé.

Mon avis:

Merci à Stéphanie pour ce joli petit cadeau: elle a été touché pour ce récit et lui ayant dit que Philippe Torreton est de « chez mouai » c’est-à-dire des petits cantons de la campagne normande, sans l’avoir déjà lu, Mémé est donc arrivé dans ma bibliothèque.
Au premier abord, on se dit qu’il sera peut-être compliqué de plonger dans les mémoires de l’auteur et d’y être touché, puisque je ne le connait pas vraiment. Et finalement, son texte est  livré avec une telle franchise et spontanéité, que l’on ne peut qu’y être sensible, nous rappelant une mémé ou une toute autre personne de son enfance, que l’on soit Normand ou pas!

Points de vue/Critiques:

Moi aussi j’ai eu ma « mémé », mon arrière grand-mère. Et quand Philippe Torreton décrit avec minutie le lieu de sa vie de sa grand-mère, la maison, la campagne, le mode de vie, jusqu’à la disposition des meubles, les textures et les bruits du quotidien, je me suis irrémédiablement retrouvée chez ma mémé. Ses souvenirs intacts dépeignent parfaitement les us et coutumes de l’époque, une autre époque à laquelle on repense le plus souvent avec nostalgie, n’ayant rien à voir avec notre quotidien actuel. 
Au delà de ces descriptions générales de sa mémé qui peuvent renvoyer l’image de n’importe quel membre de la famille du lecteur, le langage normand, les habitudes et la descriptions des environs de Pont-Audemer, m’ont évidement et logiquement ravies!!! L’éveil de Pont-Audemer, l’hôpital, le marché, le cidre et le pommeau, et toutes ces villes aux alentours se terminant toutes par -ville!!! 
Cela instaure encore plus une certaine proximité et on se dit que l’on est tout simplement en présence d’un gars du coin qui nous raconte la vie de sa mémé durant son enfance. Il s’agit donc d’une retranscription de notre propre enfance.  

Côté construction, c’est simple il y a en aucune. Absolument pas gênant, cela prouve la spontanéité et la sortie du coeur des mémoires de l’auteur. Dans ce récit décousu, les souvenirs volent, virevoltent, se posent puis repartent pour ressusciter tel ou tel autre événement qui a marqué son enfance. 

En bref:         

            Philippe Torreton nous prend par la main et nous fait visiter ses souvenirs d’enfance dans la maison et les habitudes de sa mémé. Emprunt de tendresse, de douceur, d’honnêteté et de spontanéité, on devine un Philippe Torreton ému qui revit ses souvenirs d’enfance et qui permet au lecteur de se remémorer au moins un petit quelque chose de vécu auprès d’un aïeul.