mercredi 3 juin 2020

Changer l'eau des fleurs (Valérie Perrin)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche (24 Avril 2019)
664 pages
ISBN-10: 2253238023
ISBN-13: 978-2253238027
Genre: Contemporain
Lu le: 18 Mai 2020
Ma note: 13/20




Résumé/4ème de couverture:

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.
Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité.

Mon avis:

            Avec un titre plébiscité unanimement depuis sa sortie, je gardais précieusement ce livre et je partais dans cette lecture en me disant qu’il s’agira d’une valeur sûre et d’un véritable moment de cocooning. Les premières pages m’ont donné un véritable coup de coeur pour le personnage de Violette, avec un humour, portant sur son métier de garde-cimetière, aux petits oignons. Malheureusement, j’ai très rapidement senti une sorte de grande lenteur et de longueur qui ne m’a pas délaissé tout au ont de ma lecture. L’histoire n’a pas décollé et je me suis ennuyée et me suis forcée à finir ce livre, qui est donc, à mon grand désespoir, une grande déception.

Points de vue/Critiques:

            La découverte de Violette est un vrai ravissement. Nous la découvrons en premier lieu comme garde-cimetière. Face à ce métier qui cotoit sans cesse la mort, la personnalité de Violette est totalement à l’opposé. En effet, elle n’est pas que simple garde-cimetière, puisqu’elle s’implique totalement dans son métier et s’assigne de nombreuses autres tâches annexes. Elle accueille par exemple les membres des familles endeuillés chez elle autour d’un thé personnalisé, elle prête une oreille attentive à leur chagrin et elle s’occupe d’entretenir des tombes à la demande des familles tout en cultivant des fleurs qu’elle peut leur vendre au dernier moment. Et pour montrer encore plus sa dévotion dans son métier, Violette tient un registre de tous les enterrements qui ont lieu dans son cimetière notant dans les moindres détails (métro, nombre de personnes et discours) qui ont ponctuait cet évènement, au cas où des personnes chères n’auraient pas pu assister au dernier au revoir de leur proche. 
Violette est donc une femme dévouée, lumineuse, franche et droite. Lorsque l’on remonte dans son passé afin de découvrir comment et pourquoi elle est arrivée aujourd’hui à faire ce drôle de métier de garde-cimetière, on découvre que Violette a toujours eu ce caractère et surtout qu’elle est passée par beaucoup d’épreuves. C’est notamment grâce à la luminosité et à l’humour de Violette que jamais une once de noirceur ou de dépression flotte dans l’univers proche de la mort de Violette par rapport à son métier.

            Violette est donc la touche de bonheur et de positivité de ce roman. Mais ce personnage lumineux n’a pas resurgit sur l’histoire. En effet, si les premières pages qui nous font découvrir Violette et son univers ont été un ravissement, très rapidement les longueurs se sont fait ressentir. Je ne voyais pas où l’histoire voulait nous emmenait à part découvrir le passé de Violette. Et ce n’est que de nombreuses pages plus tard que nous découvrons qu’il existe un mystère dans ce passé et que nous allons entreprendre, par le biais des personnages, une enquête pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Le propre de l’enquête m’a passionné et j’ai été surprise du dénouement que je n’avais pas anticipé. 
En revanche, et c’est là le principal problème de ce live, c’est que tout est beaucoup trop long. Que se soit en terme de passages ou même de chapitres, il y a des choses qui ne sont pas essentielles au récit, qui n’apportent rien si ce n’est noircir des pages. J’ai sauté ces passages durant ma lecture, qui cassaient le rythme. Ce rythme n’était pas non plus optimal à cause du fait que les chapitres alternent suivant le personnage que l’on suit (et il sont assez nombreux dont certains sont des personnages secondaires), et donc suivant l’époque. Cela m’a semblé trop décousu et disparaître pour bien focaliser et concentrer la lecture.

            De plus, l’histoire dans le présent de Violette qui concerne sa vie privée ne m’a pas paru réfléchie et très originale. En effet, lorsqu’elle rencontre son mystérieux visiteur, entre les échanges et leur différence d’âge, j’ai été très surprise de constater qu’une histoire se tissait entre eux, et qu’elle ne prenait pas son temps puisqu’immédiatement ils couchent ensemble. Si en plus cette histoire était important et menée quelque part, pourquoi pas, mais ce n’est pas le cas. De plus, cette histoire est la copie conforme de ce que la mère du visiteur a vécu… Sans compter que pour ces deux couples, on couche ensemble immédiatement sans se connaître, mais la bienséance féminine fait en sorte qu’elles continuent de vouvoyer leur amant après çà…

En bref:

            Je partais tellement confiante dans cette lecture, que ma déception n’est que plus grande. Contrairement aux avis unanimes, je suis complètement passée à côté. J’ai beaucoup aimé découvrir Violette Toussaint avec son humanité, sa droiture et sa dévotion dans son métier de garde-cimetière, qui est un vrai ravissement lumineux. La découverte de son passé et le fait de suivre cette sorte de petite enquête m’a beaucoup plu. Mais avec une construction particulière avec les points de vue alternant de nombreux personnages et d’époques qui apporte un rythme haché et une concentration difficile et des passages totalement inutiles à l’intrigue, je me suis ennuyée avec ces nombreuses longueurs et lenteurs. Je n’ai donc pas accroché mais vu le succès de ce livre, mon avis n’est sûrement pas un exemple! 

Bilan de Mai 2020


Bilan de MAI: 16 romans (6 929 pages) + 4 BD

Romans:

            Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa
            La mélancolie du kangourou de Laure Manel
            Les fauves de Ingrid Desjours
            Deuils de Eduardo Halfon
            Les amants de l’été 44 de Karine Lebert
            La vie secrète des écrivains de Guillaume Musso
            Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet
            Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin
            Tout ce que tu vas vivre de Lorraine Fouchet
            Le jour des cendres de Jean-Christophe Grangé
            La femme au manteau violet de Clarisse Sabard
            La somme de nos vies de Sophie Astrabie
            Les rescapés du cœur de Nicholas Sparks
            Le livre des Baltimore de Joël Dicker

Sagas:

            Les sept sœurs, tome 4 : la sœur à la perle de Lucinda Riley
            La guerre des clans, cycle 1, tome 6 : une sombre prophétie de Erin Hunter


Bandes dessinées:

            Le secret de l’ange, tome 1
            La guerre des Lulus, tome 6 : Lucien
            Princesse Sara, tome 11 : je te retrouverai
            Princesse Sara, tome 12  coupable !

Challenges:

Big Challenge Livraddict 2020: 2/5
Challenge des 12 thèmes : 5/12
Challenge 120 mots : 16/120
Défi Lecture 2020 : 49/100
Disneyland Romans : 9/15 ; 12/15 ; 12/15 ; 9/15 ; 10/15
Disneyland Mangas : 17/25 ; 18/25 ; 5/25 ; 3/25 ; 2/25

lundi 1 juin 2020

Sorcières, la puissance invaincue des femmes (Mona Chollet)






Nationalité de l’auteur: Suisse
Editions Zones (13 septembre 2018)
233 pages
ISBN-10: 2355221227
ISBN-13: 978-2355221224
Genre: Essai
Lu le: 17 Mai 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d'aujourd'hui de figure d'une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.
Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure de la sorcière. Elle est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? 

Ce livre explore trois archétypes de la chasse aux sorcières et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – l'époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d'horreur. 

Mais il y est aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Mon avis:

            Il me tardait de découvrir cet essai populaire et retentissant de Mona Chollet. Mais parce que je ne me suis pas plus penchée sur cet ouvrage et sur tous les avis afin de conserver un minimum de surprises et pour ne pas être influencé, j’ai pris le titre de cet essai au sens propre et je m’attendais vraiment à retrouver une sorte de manifeste sur les sorcières, à mettre en parallèle avec les femmes d’aujourd’hui. Mais c’est en réalité, nous avons le contraire. J’ai donc été surprise de constater que cet essai est avant tout un manifeste féministe et que seule l’introduction se base sur les sorcières comme préambule. Quoiqu’il en soit, avec ses idées bien synthétisées et étayées et une narration très fluide, cet ouvrage peut être considéré comme un essentiel ou un classique nécessaire dans le féminisme.

Points de vue/Critiques:

            La longue introduction de cet essai s’intéresse donc aux sorcières, afin de fournir une base contextuelle à l’essai à proprement parlé et qui s’intéressera aux femmes actuelles. Pour se plonger dans l’univers mythique des sorcières, de nombreux faits historiques sont mentionnés et se succèdent les uns aux autres. Ayant moins une structure de narration, cette partie est peut-être la moins fluide en terme de lecture, mais sûrement la plus intéressante dans le sens où l’on en apprend énormément puisque c’est un sujet historique que l’on ne retrouve pas tous les trois quatre matins en littérature! Et si au premier abord, faire le parallèle entre les sorcières et le féminisme peut sembler un peu tirer par les cheveux, il n’en est rien.

Lorsque l’on rentre dans le coeur du sujet de cet essai, le féminisme, trois figures féminismes seront successivement évoquées dans différents chapitres afin de donner la vision la plus large possible de la Femme, à savoir: la femme indépendante, la femme sans enfant, et la vieille femme. Dans chacun des chapitres, Mona Chollet reprend certains aspects assez « classique » du féminisme que l’on retrouve le plus souvent que l’on soit défendeur du féminisme ou anti-féministe. On retrouve ainsi l’idée saugrenue et obligatoire qu’une femme seule et indépendante est forcément une vieille fille (à chats), qui n’a jamais réussi à trouver l’amour: mais on ne se dit jamais que cela peut être aussi tout simplement un choix de vie. On retrouve le fait qu’une femme c’est aussi avant tout une fabrique à bébé et donc que la pression sociale d’enfanter est largement présente. Et on s’interroge également sur l’utilité ou non du mot « mademoiselle » ou encore le fait d’avoir, d’assumer et d’exhiber ses cheveux blancs. Tout ceci amène à de multiples réflexions percutantes, qui nous font tantôt grincer des dents, tantôt rire. 
J’ai aimé retrouver certains des aspects, qui m’ont semblé non seulement très sensés, mais en plus, qui ne sont pas forcément très courant ou très populaire mais qui sont tellement percutants! Je pense notamment au fait que certaines femmes aiment leurs enfants, mais qu’elles n’aiment pas être mères! Et quand on constate le pourcentage et les témoignages de femmes dans ce cas, on se dit que ce sujet est tabou, ce qui est bien dommage! De même, la réflexion autour des trois « types » de comportements féminins vis-à-vis des enfants : l’attitude de la mère, l’attitude de la tante, et l’attitude de celles qui n’aiment tout simplement pas les enfants est tout simplement percutante et très intéressante!

            Quelque soit le chapitre abordé, Mona Chollet reprend de multiples idées, et même tous les aspects et les chemins possibles concernant les femmes. Elle enrichit ses postulats avec de nombreux exemples concrets, qu’ils viennent de la vie quotidienne, du cinéma, de la littérature ou de discours. Et ces exemples viennent d’époques et de personnes radicalement différentes: de l’antiquité aux années 2000 et de philosophes aux people. L’autrice ne fait également pas de différence de sexualité, donc les exemples de couples peuvent tout aussi bien être homosexuel ou hétérosexuel. De plus, Mona Chollet ne créer pas de barrières ou de détachement dans son récit puisqu’elle n’hésite pas à émettre son avis et enrichir son essai d’expériences personnelles. Cela créer un certaine intimité et un lien direct avec le lecteur, qui est le bienvenue dans un essai, considéré souvent comme quelque chose de froids et d’académique. 

En bref:

            Dans cet essai, malgré un titre qui met en avant les sorcières, la sorcellerie apparaît davantage comme un point de départ à ce qui va suivre dans le coeur de l’ouvrage. Si cela m’a désappointé, l’univers des sorcières est un excellent préambule à la réflexion féministe de l’auteure. Mona Chollet reprend la vision générale de trois genres de femmes pour construire son essai. Chaque chapitre est bourrés de références en tout genre et les divers points de vue abordés permet d’élargir ses horizons. Cet ouvrage ultra complet est donc une agréable et enrichissante lecture qui peut-être considéré comme une base, voire un classique en terme de littérature sur le féminisme.